Le Treni Bilé, le train qui fait rêver à la fin des embouteillages

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Treni Bile, le projet de train du conseil départemental de Mayotte
Les projets de transports publics se multiplient mais pour l'instant, à l'instar du Caribus et de la piste de l'aéroport, aucun n'a encore été concrétisé. En sera-t-il de m^me pour le train ? ©DR

Rejoindre Mamoudzou en moins d'une demi-heure depuis les extrémités Nord et Sud de Mayotte est un rêve aujourd'hui. Un rêve que le département compte transformer en une réalité à l'horizon 2040 avec la mise en place du transport ferroviaire à Mayotte.

"Le train express régional à destination de Mamoudzou va partir voie B. Eloignez vous de la bordure du quai. Attention au départ !" Cette annonce typique que les usagers de la SNCF connaissent pourrait devenir commune aux Mahorais.
En effet, le conseil départemental a présenté un projet dénommé "Treni Bilé" (Train bleu) destiné à fonctionner à l'horizon 2040.

Seulement 28 % des ménages mahorais ont au moins une voiture

L'objectif rincipal est de permettre une meilleure mobilité des Mahorais. Aujourd'hui, les embouteillages sont infernaux. Il n'y a pas de réseau organisé de transports publics en commun donc les achats de véhicules personnels se multiplient. Et il y a encore de la marge puisque le taux d'équipement automobile par foyer est de 28 % quand partout ailleurs, il dépasse les 57 %. Ce sont les taxis qui effectuent la mission, avec des véhicules limités à une dizaine de passagers dans la plupart des cas. Et un habitant du Sud de Mayotte se rendant à Mamoudzou doit partir à 4 h du matin pour être sûr d'embaucher à 7 h.

Locomotive train Dzoumogné
Il fut une époque où le train à Mayotte était une réalité comme en atteste cette locomotive qui a servi au début du 20e siècle dans l'usine sucrière de Dzoumogné. ©DR

Avec le Treni Bilé, le département de Mayotte, veut réduire tous les effets négatifs de la circulation automobile : vaste emprise foncière, embouteillages qui affectent la santé des usagers, bilan carbone élevé.

A l'opposé, les avantages du train seraient multiples : une empris efoncière limitée, pas de pollution atmosphérique, une alimentation électrique autonome avec récupération de l'énergie, utilisation d'un même réseau pour les marchandises et les passagers et temps de trajet réduit. Ainsi, une laisaion Kani-Kéli - Mamoudzou serait estimée à seulement 20 minutes !

Treni Bile, le projet de train du conseil départemental de Mayotte
Le réseau ferroviaire comportera-t-il des gares souterraines ? Pour l'instant, les porteurs du projet ne le disent pas. ©DR

Un train qui vaut 1 milliard d'euros

Mais pour que le projet devienne réalité, il faudra du temps. D'abord, trois ans de phase d'études et de débat public. Puis 5 ans pour réaliser le premier tronçon reliant Longoni à Dembeni et enfin 10 ans supplémentaires pour développer le réseau complet. Soit trois mandats complets au moins pour les conseillers deépartementaux. Le réseau ferait le tour de l'île et compterait au final 132 km, y compris en Petite Terre (ce qui implique forcément la construction d'un pont ou d'un tunnel).
Le coût du projet est estimé à 1 milliard d'euros.

Treni Bilé, le tracé du réseau
Le tracé du réseau ferroviaire mahorais de 132 km envisagé par le département. ©Conseil départemental de Mayotte

Treni Bilé, encore un projet voué à rester dans les cartons ?

A l'annonce de ce projet, beaucoup de Mahorais ont exprimé leur scepticisme. Ils ne voient toujours pas venir le projet de piste longue de l'aéroport de Pamandzi, ni le projet de transport en commun Caribus, ni d'autres voiries comme le contournement de Mamoudzou.

Certains estiment que le train est un investissement lourd et que le tramway serait peutêtre plus adapté. Et comment se fera l'articulation avec les intercos qui sont elles aussi autorités de gestion du transport en commun ? Que deviendra la barge ? Pour certains spécialistes, c'est la bonne coordination des modes de transport qui permettra de répondre aux besoins de mobilité des Mahorais.
Mais pour d'autres plus enthousiastes, il faut rêver et être audacieux. Et si nos voisins de La Réunion et Maurice se sont lancés, pourquoi pas Mayotte ?

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