Nuit d'émeutes urbaines à Mamoudzou

faits divers mamoudzou
Violences à Tsoundzou
©Aurélien Février
La nuit a été plus qu’agitée dans la commune de Mamoudzou. Cette fois, la prefecture a décidé de répondre aux organisations de Mrengué sauvage. Ils se déroulent depuis plusieurs jours malgré le confinement et le couvre-feu en place sur l'ensemble du territoire.
 
Les scènes les plus virulentes se sont déroulées à Tsoundzou. Sur place, les forces de l'ordre ont été mobilisées ‪de 21H samedi soir à 3H30 du matin ce dimanche‬.
Le bilan de la nuit énumérée par le lieutenant colone Fihma en dit long sur le scénario à Tsoundzou. 48 gendarmes mobiles déployés. Plus de 300 tirs de grenades Lacrymogènes. 11 tirs de LBD. Des grenades de désencerclements  utilisées.
Violence
©Aurélien Février
L'appui de deux véhicules blindées de la gendarmerie. Bilan uniquement pour la gendarmerie. Pour le bilan humain, neuf gendarmes ont été blessés. Du côté de la police, un blessé est à déplorer. Il s’agit de Jean Marie Cavier, le directeur territoriale de la police nationale à Mayotte. Il a été pris pour cible par des jets de pierre alors qu'il effectuait des sommations pour disperser les individus. 

En face, suite à la dispersion du Mrengué au niveau du terrain de pétanque, 200 personnes et "une pluie ininterrompue de pierres " font face aux forces de l’ordre. La route nationale qui traverse le village porte encore, ‪ce dimanche matin‬, les stygmates des violences de la nuit.
On y retrouve, hormis les impacts de pierre, des poubelles, des bennes pour les tris sélectifs ou encore un panneau solaire. Tout est incendié. Dans la nuit, le mobilier incendié a permis d'ériger des barrages. "La situation était pressante et violente" selon la gendarmerie.
Violences
©Aurélien Février
Au milieu de ces barrages, on retrouve les deux cents personnes qui affrontent les forces de l'ordre. On trouve également le somaco du village.
Ouvert à coup de masses, il va être littéralement pillé. Selon des témoignages recueillis sur place, un camion est venu récupérer la marchandise volée. Les propriétaires estiment les pertes à 50 000 euros. Le magasin devrait définitivement fermer ses portes.
Violences
©Aurélien Février
"C’est le même mode opératoire qu’à Kawéni" nous explique un élu de la ville de Mamoudzou. "L’impression que tout est prémédité" ajoute-t-il. "L’objectif principal est de piller les magasins en organisant des mrengués pour attirer les forces de l’ordre. Une fois arrivées sur place, elles sont caillassées pour faire diversion et permettre un autre groupe de s'attaquer aux commerces".
La mairie de mamoudzou a décidé de porter plainte contre les parents des personnes déjà identifiées.

On a trop joué avec ses gamins, on doit changer de stratégie 

nous glisse un élu de la majorité ce matin.Une réunion de crise se tient ce dimanche autour du maire de Mamoudzou.
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