Des vives réactions suite à la libération des jeunes interpellés à Kahani, C. Miansoni s’explique

faits divers ouangani
Camille Mancioni, le procureur de la République
©Mayotte la 1ere
Le 11 mai dernier, les gendarmes interpellent quatre jeunes à Kahani sur un barrage routier. Amenés en garde à vue à la brigade de Sada, ils sont fiévreux. Présentés devant le médecin, on suspecte des cas de Covid.
 
Le médecin présente un avis  défavorable pour une garde à vue. Que faire dans ce cas? La décision a été prise de les libérer pendant 14 jours, en attendant de voir l’évolution de leurs cas. Une décision qui ne passe pas auprès de la population. 
Kahani
L’affaire remonte à la mi-mai, mais c’est hier sur le journal télévisé de la 1ère que l’on a appris la libération des jeunes interpellés dans le cadre des barrages routiers de Kahani. Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été nombreuses suite à cette révélation du procureur. Camille Miansoni, le procureur de la République déjà très impopulaire auprès d’une partie de la population mahoraise n’a pas forcément amélioré son image avec cette nouvelle.

Ils sont libérés pour cause de suspicion de Covid-19. Selon le procureur « c’était difficile de les garder, car les gendarmes travaillent dans la brigade, cela suppose des contacts. On n’avait pas la certitude qu’ils avaient le Covid. Je ne peux pas les garder comme ça. Ils ont été remis en liberté, le temps d’avoir les résultats des tests. Le médecin n’a pas donné un avis médical favorable pour une garde à vue. Impossible donc de les garder ».

Et au procureur d’ajouter, « nous savons qui ils sont et nous irons les chercher après. ». Une phrase qui a fait couler beaucoup d’encre, des personnes doutant de la véracité de ses paroles . 
 

« Pourquoi les avoir libérés? »

Sur la page Facebook, Info Délinquance Mayotte. Les réactions n’ont pas tardé. Un internaute, surnommé Doliprane La Quinine s’interroge « ils sont soupçonnés de Covid-19 pourquoi les avoir laissés libres  et ne pas les confinés. Vous prenez vraiment les gens pour des pigeons franchement ».
Certains prennent malgré tout la défense de Camille Miansoni: « C’est pas le procureur qui juge, il est plutôt partie dans un procès, comme le prévenu, auteur d’une infraction. Il y a le juge qui tranche, donnez du temps au parquet pour réunir plus de preuve » lance un dénommé Fiacre Tanguy qui est bien seul. Beaucoup appellent au départ du procureur tout bonnement.

Contacté Camille Miansoni, précise que « ce sont quatre jeunes dont un mineur interpellés non pas pour vol et vandalisme à la caserne de Kahani mais lors des barrages sur la route de Kahani ». Des barrages qui font suite à un accident de la circulation, causant la blessure d’un enfant de six ans. Durant trois jours, la route a été barrée et c’est lors de l’intervention des gendarmes pour libérer la chaussée que ces quatre jeunes dont un mineur ont été interpellés. 
 

« Le médecin avait rendu un avis d’incompatibilité avec une garde à vue »

Le procureur Miansoni dit comprendre « que les citoyens soient excédés par l’insécurité» cependant, il s’interroge « sur quelle base légale aurait-il pu garder ces jeunes dans la mesure ou ils présentaient de la fièvre et que le médecin n’exclut pas le Covid. Les résultats des tests s’obtiennent en 48h. On a demandé un certificat de compatibilité. Le médecin avait rendu un certificat d’incompatibilité. » rappelle-t-il encore.

Sans certificat de compatibilité, impossible de garder les suspects. Il a alors été envisagé de les mettre en quatorzaine au centre de rétention administrative de Pamandzi, « sauf qu’on ne le pouvait pas car ce n’était pas des clandestins interpellés. »
Il ne restait donc pas d’autres choix que la libération de ces individus: « ces personnes ont été identifiées » argue Camille Miansoni. Les suspects sont sortis avec une convocation à la gendarmerie de Mamoudzou. Et « hasard du calendrier » nous dit-on, la convocation est pour ce mercredi.
 À la mi-journée, le mineur accompagné de sa mère a honoré la convocation nous apprend le procureur. Quand aux adultes, « ils ne sont pas encore là et je ne suis pas sûr que tous viendront » concède Camille Miansoni…