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Les patrons mahorais à la rue ?

Le patronat de Mayotte est au bord de la crise de nerf. L’activité économique de l’île est trop souvent entravée par des mouvements sociaux. Ce sont surtout les barrages des routes et du port de Longoni qui agacent le plus.

  • Par Chamsudine Ali
  • Publié le
Le conflit social chez Total aura été la goutte d’eau en trop.
« Les grévistes prennent en otage la population de Mayotte et mettent en difficulté l'économie déjà fragile du département. »
Après les prises de position très prudentes de quelques hommes politiques, l’intervention du préfet et de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi, le patronat ne pouvait rester muet.
Les blocages à répétition de ces dernières années sapent les efforts de la relance.
«… cette grève impacte l’ensemble des entreprises de Mayotte risquant de recourir à l’activité partielle dès cette semaine voir d’être menacées de fermeture temporaire ou définitive,
- le fait que ce conflit entraînera de plus en plus de rupture de produits de première nécessité dans les supermarchés (et magasins) et de médicaments dans les pharmacies, et donc touche de plus en plus lourdement la population, » a écrit le président de MEDEF Mayotte, Thierry GALARME.

Le port de Longoni est parfois fermé durant des jours, tantôt par les employés de la SMART, tantôt par ceux de Mayotte Chanel Gateway. D’ailleurs ces derniers seraient entrain de préparer un autre mouvement social.
 
Les travailleurs demandent-ils trop, ou bien c’est le patronat qui n’en fait pas assez ?
 
C'est autour de cette question que la discussion doit se porter.
Dans ce domaine précis, l’île est en dehors de ce qui se passe en ce moment au niveau du pays. Toutes les discussions en cours, toutes les consultations entreprises pour faire évoluer le monde du travail ne semblent pas intéresser Mayotte.
Les partenaires sociaux se sont enfermés dans des combats d’arrière-garde ; « patrons capitalistes contre la masse laborieuse ». Et chacun se bat pour conforter des positions. Des oppositions qui datent d’un autre âge.
La campagne présidentielle et l’élection d’Emmanuel Macron a montré que les français veulent passer à autre chose. Le monde et le pays ont changé de paradigme.
Le problème se concentre sur le maintien ou non des acquis sociaux. Des avantages qui font que la France est un des pays les plus protecteurs qui existe. Mais la crise persiste chez nous plus qu’ailleurs, même si quelques signes de reprise sont enfin visibles.
 
Mayotte, dernier venu autour de la table, exige à être servi comme tous les membres de la grande famille française. Le 101ème département revendique même le droit d’exiger à en avoir plus dans son assiette.  
La situation économique du département n’est pas au mieux, le chômage est très élevé, la vie est chère. Les chanceux qui travaillent sont sous la pression des familles et des créanciers.
Il ne s’agit pas ici de débattre sur la légitimité de tel ou tel mouvement social. Il est question de faire prendre conscience que les conséquences d’un conflit social dans une entreprise sont mécaniquement ressentis chez les autres. Les solutions ne peuvent être qu’à l’échelle de tout  le département. Mayotte est trop petite.
Les réponses à apporter aux salariés de Total Mayotte doivent être extensibles à toutes les entreprises de l’île. 

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