Pierre Frogier assume la défaite de l’UMP

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Le sénateur Pierre Frogier a affirmé mardi qu’il assumait "l’entière responsabilité" du "dur revers" du Rassemblement-UMP(R-UMP) lors du premier tour des élections législatives en Nouvelle-Calédonie.
Depuis 1986, les deux circonscriptions de l’archipel, où Nicolas Sarkozy a obtenu 61,7% le 6 mai dernier, sont des bastions du R-UMP (ex-RPCR). Or dimanche, sur fond d’éclatement de la droite anti-indépendantiste, Eric Gay, le candidat UMP de la seconde circonscription, a été d’emblée éliminé, enregistrant partout de mauvais scores, y compris dans sa ville du Mont-Dore, en banlieue de Nouméa.

Dans la première circonscription, le sortant Gaël Yanno est arrivé en tête avec 30,96 %, mais son opposante Sonia Lagarde(CE, Calédonie Ensemble-droite) dispose d’un réservoir de voix, qui pourrait lui permettre de l’emporter. "Nos deux candidats ont été sanctionnés pour avoir défendu avec conviction et loyauté la politique que j’ai impulsée depuis plus de deux ans au R-UMP", a déclaré devant la presse Pierre Frogier, président du parti. "Demain, au-delà de cet accident électoral, le R-UMP sera de nouveau l’acteur de la solution qui offrira à la Nouvelle-Calédonie, un avenir de paix dans la France", a-t-il ajouté.

Dans la seconde circonscription, où Philippe Gomes, leader de CE, sera opposé à l’indépendantiste Jean-Pierre Djaïwé, Pierre Frogier n’a pas appelé à voter nommément pour le candidat de droite, estimant que ses propos "pour le maintien de la Calédonie dans la France" étaient explicites. Avec l’appui de Nicolas Sarkozy, Pierre Frogier a pris plusieurs décisions qui ont déstabilisé son électorat, tel que le choix du drapeau indépendantiste à côté du drapeau tricolore comme emblèmes de la Nouvelle-Calédonie, territoire très autonome où entre 2014 et 2018 un référendum d’autodétermination sera organisé. "J’aurais dû davantage expliquer", a-t-il estimé. M. Frogier s’est aussi entendu début 2011 avec le parti indépendantiste, Union Calédonienne, et le parti Travailliste, d’extrême gauche, pour faire tomber le gouvernement local présidé alors par Philippe Gomes, son principal rival au sein de la famille anti-indépendantiste.