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Jean-Marc Ayrault en province nord: visite du "succès politique" et une escale à Gatope, une tribu en pleine évolution grâce au développement industriel

Jean-Marc Ayrault visite l' Usine du Nord ce samedi, avec une pause déjeuner à la tribu de Gatope qui est en première ligne pour vivre les transformations liées à l'industrie du nickel. Mais les retombées économiques hors zone VKP ( Voh Koné Pouembout) ne sont pas encore palpables.

L' Usine du Nord sur la prequ'île de Vavouto © NC 1ère
© NC 1ère L' Usine du Nord sur la prequ'île de Vavouto
  • Par Angela Palmieri
  • Publié le , mis à jour le
Deux événements majeurs ont dynamisé le développement économique et l'augmentation de la population dans la zone baptisée VKP : la provincialisation en 1989 et la confirmation du projet de l'usine autour du massif du Koniambo en 2005, situé au coeur des trois communes Voh, Koné et Pouembout dans la province nord de la Nouvelle-Calédonie.


Une usine à " haute teneur " symbolique


Le nickel néo-calédonien, qui représente environ un quart des réserves mondiales et qui compte pour quelque 95% des exportations de l'archipel, a toujours été un enjeu politique depuis sa découverte par Jules Garnier en 1886.
La Nouvelle-Calédonie connaît un véritable "boom du nickel", entre 1969 et 1972. Les besoins mondiaux sont alors considérables. En peu de temps, l'économie néo-calédonienne est transformée par cette croissance: en 1970, l'industrie du nickel représente quelque 30% du produit intérieur brut de la Nouvelle-Calédonie et près de 15 000 métropolitains viennent s'installer sur la GrandeTerre. Les fours de la SLN ( Société Le Nickel), la seule usine métallurgique, tournent à plein régime  
L'activité se ralentit toutefois brusquement en 1973 au moment de la première crise pétrolière. Ce n'est que dans les années 90 que l'extraction du minerai retrouve le niveau de 1971, avec 8,2 millions de tonnes de minerai extraites.

Une époque politiquement fragile, la Nouvelle-Calédonie commence tout juste à panser ses plaies après la période trouble des Evénements qui ont violemment secoué l'archipel. Les Accords de Matignon et d' Oudinot prévoit un référendum d' autodétermination en 1998. Jacques Lafleur, leader des partisans d' une Calédonie Française souhaite négocier une solution consensuelle pour éviter ce référendum couperet car il craint de nouvelles agitations, les indépendantistes étant minoritaires en Nouvelle-Calédonie. Le Oui au maintien dans la République Française l'aurait largement emporté et les barrages et les violences liées au revendications indépendantistes seraient réapparus. Le FLNKS n'est pas opposé à l' idée d'une solution consensuelle, le futur Accord de Nouméa, mais va mettre en place un préalable minier qui va bloquer les négociations pendant plusieurs mois au risque de faire échouer la paix.

Un bras de fer est engagé avec la SLN filiale du groupe Eramet et l 'Etat pour que l'industriel qui détenait le monopole cède l'une des ses plus riches concessions : le massif du Koniambo qui alimente aujourd'hui, l 'Usine du Nord. Une victoire pour le FLNKS et pour la province nord, qui vont faire appel à de puissantes multinationales étrangères, Falconbridge qui devient XSTRATA avant de fusionner avec Glencore pour réussir à construire une nouvelle usine métallurgique.

En avril dernier, c'est le démarrage officiel de l'Usine du Nord avec la première coulée de nickel . "Un succès politique " selon Jean-Marc Ayrault, mais les retombées économiques pour la Nouvelle-Calédonie hors zone VKP ( Voh Koné Pouembout)ne sont pas encore palpables, hormis bien sûr les emplois directs et indirects liés au site industriel (même si les postes à responsabilité sont majoritairement occupés par des étrangers ou des métropolitains de passage), car la multinationale étrangère a bénéficié d' un impressionnant dispositif d' exonération fiscale pour l'inciter à venir investir dans un pays où les coûts sont bien plus élevés que dans le tiers monde.

Avec la "vieille dame", la SLN, l' Usine du Nord et VALE NC dans le sud de la Grande Terre, trois usines se partagent le nickel calédonien et les rivalités politiques et industrielles rendent très complexe voire impossible la définition d'une stratégie industrielle commune, une urgence selon tous les experts mondiaux si la Nouvelle-Calédonie veut survivre dans un contexte mondial de plus en plus concurrentiel.

Un peu plus de trois mois après sa première coulée, l' Usine du Nord commence à trouver son rythme de croisière . Objectif 2013: 15000 tonnes de ferronickel, le quart de la capacité de production de l' Usine du Nord qui devrait atteindre son plein rendement en 2015.


Le reportage de Gilbert Assawa et de Philippe Huneau de NC 1ère.

Koniambo 4 mois après...


La tribu et de Gatope fait sa " révolution industrielle "

 
L'Usine du Nord a généré nombre d'emplois: 33% de l'offre globale de postes en Nouvelle Calédonie est proposée dans cette région soit une augmentation de 187% ces dernières années et selon les prévisions l' évolution démographique exponentielle devrait se poursuivre: de 9685 personnes en 2009 à environ 17 000 habitants en 2025 soit une augmentation de la population de plus de +68%.
 
L'essor économique de la zone Voh Koné Pouembout provoque donc de nombreux bouleversements dans les habitudes des habitants de la cette région de la côte ouest de la Grande Terre comme à Gatope, lieu choisi pour le déjeuner du Premier ministre ce samedi. 
Les habitants de Gatope sont majoritairement salariés de l' Usine du Nord ou entrepreneurs, la tribu vit sa révolution industrielle tout en cherchant à préserver ses traditions coutumières.
 

Le reportage à Gatope de Gilbert Assawa et Philippe Huneau de NC 1ère.

Gatope avant la visite de Jean-Marc Ayrault

 

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