Malathion et deltaméthrine: les conséquences de l'utilisation de ces insecticides en Nouvelle-Calédonie

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Les agents chargés de réaliser les épandages portent des masques et des combinaisons pour se protéger des effets toxiques du malathion ©NC 1ère
Les maladies dues à la prolifération des moustiques conduisent les institutions de Nouvelle-Calédonie à répandre du pesticide dans Nouméa et le Grand Nouméa pour enrayer l'épidémie. Or qu'en est-il des conséquences ? Les apiculteurs et des collectifs écologistes s'inquiètent et mettent en garde.

Des abeilles empoisonnées mais une épidémie en marche


Les ruches proches de la route principale du village de Païta sont impactées par les épandages de deltaméthrine que la mairie a mis en place. Les épidémies de dengue, zika et chikungunya ont en effet conduit les autorités à intensifier l'utilisation de ces pesticides. De 276 cas en mars on est passé à 1308 cas en mai, plus de 300 cas de dengue et 5 cas de chikungunya, des chiffres inquiétants que les autorités sanitaires prennent très au sérieux. L'essentiel des malades est recensé dans le Grand Nouméa.
Or, selon l'association des apiculteurs des 3 provinces, la population d'abeilles connaît depuis une mortalité massive, empoisonnée par les insecticides, le miel serait aussi contaminé.

Alexandre Rozga-Lebrun et Philippe Huneau de NC 1ère sont allés à la rencontre des ruches des frères maristes à Païta qui voient leur abeilles mourir..., ce qui pose aussi un problème de pollinisation pour les vergers.


Malathion ou deltaméthrine, les moustiques mutent et résistent


A Nouméa c'est le malathion qui alimente les débats. Le collectif "non au malathion" a mis en circulation une pétition qui a recueilli cette semaine 1200 signatures. Il s'inquiète de l'utilisation de l'insecticide qui n'a pas été agréé par la communauté européenne.
Ce produit aurait, selon eux, une incidence sur la santé humaine et les animaux domestiques dès qu'il est au contact de l'eau. Le malathion pourrait être à l'origine de problèmes neurologiques. La France a choisi d'interdire l'utilisation du malathion depuis 2008. En effet, le malaoxon, qui correspond au produit de décomposition du malathion, est réputé pour être extrêmement toxique. Mais les moustiques étant devenus résistants à la deltaméthrine sur Nouméa, les autorités sanitaires se voient contraintes d'avoir recours au malathion. Et la DASS (direction des affaires sanitaires et sociales) assure que la procédure d'utilisation du malathion respecte le protocole validé par l'OMS qui le classe dans les produits peu dangereux ...

Pour vous faire une idée sur les" pour ou contre le malathion" voici les entretiens de Michel Voisin sur l'antenne radio de NC 1ère, avec Anne Pfannstiel, médecin de prévention de la DASS, puis Maximilienne Lesoin du collectif "Non au malathion" :