Ataï: une histoire douloureuse.

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©NC1ère
Alors que le crâne du Grand Chef Ataï arrive mardi soir en Nouvelle-Calédonie après avoir été rendu par l'Etat, au cours d'une cérémonie, la semaine passée, à Paris, 136 ans après sa décapitation, retour sur une histoire douloureuse qui commence avec l'insurrection kanak de 1878.
« L’important c’est l’aspect pays ». C'est ce qu' a déclaré Jean Kays lundi soir lors du journal télévisé d’NC1ère, alors que le crâne du grand chef Ataï est arrivé à Tontouta. Le nouveau président du Sénat Coutumier estime que l’institution qu’il représente n’a pas de rôle à jouer concernant la légitimité du clan des descendants d’Ataï. Il retient en revanche qu’une réconciliation va s’ouvrir pendant un an avec le retour des reliques du grand chef décapité le 1er septembre 1878 en Nouvelle-Calédonie.
Avant de revenir sur le retour d'une partie des restes humains du Grand Chef Ataï et de son sorcier, je vous propose de revenir sur l'histoire de cette grande insurrection kanak de 1878 avec une série de reportages réalisés par Brigitte Whaap, Philippe Kuntzmann et Nicolas Fasquel.
Cette grande et première révolte de 1878 a été préparée de longue date par des chefferies allant de Bourail jusqu'à Boulouparis.
Elle éclate, le 25 juin de la même année à La Foa. Une guerre qui a fait 200 morts du côté des colons et plus d'un millier de victimes du côté des kanak.
Une tranche de l'histoire calédonienne qui a, encore aujourd'hui, des conséquences importantes sur le tissu social du pays.
 
Histoire du Grand Chef Ataï et de l'insurrection kanak de 1878


Parmi les conséquences directes de cette insurrection, ce fut la répression qui suivit cette révolte et le déplacement de populations. Ce fut le cas à la FOA, le pays CIRI. Avant la colonisation la région comptait plusieurs dizaines de tribus. Après la révolte de 1878, les Kanak ont été envoyés en exil à l'île des pins.

Ataï- les Kanak de La Foa exilés vers l'île des Pins


Après la rémission des insurgés, certains sont donc déplacés, en grande partie, à l'île des pins mais aussi sur la Grande Terre et même à Belep. Nous vous proposons de rencontrer les descendants de ces exilés qui ont fait souche dans ces régions.


Parmi les blessures, non cicatrisées, de l'insurrection de 1878 et la mort d'Ataï, le rôle des auxiliaires kanak qui ont aidé le pouvoir colonial de l'époque à capturer puis éliminer le grand chef Ataï. Une cicatrice qui pourrait se refermer avec la grande réconciliation annoncée par le Président du Sénat coutumier (voir au-dessus).