Vie chère : un accord en vue pour 2015

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©NC 1ère
Le gel des prix en Nouvelle-Calédonie prendra fin le 31 décembre 2014. Les décideurs s’engagent à contrôler l’inflation l’an prochain, et à stabiliser les prix de 500 produits et services qui ont fait l’objet d’une baisse de 10%.
"L’accord n’est pas signé, mais il avance bien". Affirmation de Didier Guénant-Jeanson, représentant de l’intersyndicale vie chère lors du magazine radio "C'est-à-dire", vendredi. 
 
Au cœur du débat ? La fin du dispositif instauré par la loi du pays du 27 septembre 2013. Elle stipulait que les prix des produits et prestations de services offerts en Nouvelle-Calédonie ne seraient pas supérieurs aux niveaux pratiqués à la date du 2 avril 2013, et ce jusqu’à la fin de l’année 2014. Une liste de 500 produits - correspondant à 80% des unités de consommation des ménages - avait aussi fait l’objet d’une baisse de 10%, jusqu’à cette même échéance.
 

La fin du gel est inéluctable

A un mois de la deadline, les acteurs économiques, politiques, et sociaux ont fait le point sur l’antenne d’NC1ère. Et ils semblent sur la même longueur d’onde sur la suite à donner à ces mesures. Première certitude : le gel des prix ne sera pas reconduit, mais tout sera fait pour limiter l’inflation attendue et redoutée. 
 
"Un système de gel généralisé n’est pas une solution pérenne dans une économie dite libérale", a indiqué la directrice du MEDEF-NC, Catherine Wehbé. "Nous ne voulons pas d’un effet inflationniste trop important en 2015 (…) Nous souhaitons contenir l’inflation à un taux raisonnable". 
 
Le MEDEF ne transigera pas sur ce point, mais il a discuté avec le gouvernement, les fournisseurs, les grossistes, les importateurs, les distributeurs et les entreprises locales pour maintenir l’an prochain la seconde partie du dispositif. "On a imaginé une poursuite de la liste des 500 produits ayant fait l’objet d’une baisse de 10%. Elle serait stabilisée aux prix actuellement en place".
 

... Mais des garanties sur le panier de la ménagère

Egalement invité du magazine « C'est-à-dire », Philippe Germain, membre du gouvernement en charge de l’économie a renchérit. "Reconduire les 500 produits, c’est donner une garantie sur le panier de la ménagère, sur les produits et les services les plus consommés. C’est garantir le maintien des prix pratiqués en 2013 et 2014, sur l’année 2015". 
 
Pour les autres produits, ceux qui ont été "gelés", l’élu concède que les discussions n’ont pas encore abouti. Un travail est en cours sur un protocole transactionnel et d’accord entre les professionnels pour contenir l’inflation dans une fourchette de 2%. Des arbitrages sont envisagés. 
 
"Le droit d’abord pour la grande distribution ou les commerces de détail de refuser les augmentations de prix, dès lors qu’ils considéreront qu’elles dépassent le seuil fixé. On pourra également demander un avis à la direction des affaires économiques pour qu’elle constate si l’augmentation est réelle et qu’elle détermine son origine", fait valoir Philippe Germain.
 

L'intersyndicale veillera au grain

Dans le studio radio d’NC1ère, Didier Guénant-Jeanson n’a pas remis en cause ces propos. Il a validé les avancées, tout en maintenant une certaine pression. "C’est dans l’agenda économique, social et fiscal que nous avons signé : si nous constatons des dérapages sur les prix dès le début de l’année prochaine, nous remettrons en place le gel. Personne n’a intérêt à cela. Il faut que tout le monde joue le jeu. Il faut éviter les effets d’aubaine et éviter que certains essayent d’en profiter". 
 
Pour le représentant de l’intersyndicale, les consommateurs auront aussi leur mot à dire. "Il faudra surveiller cela de très près et que les consommateurs appellent l’UFC Que Choisir, le gouvernement ou l’intersyndicale pour regarder à tel endroit".
 

La bilan du gel

La vice-présidente de l’association UFC-Que Choisir, Françoise Kerjouan, est revenue sur les réactions des consommateurs calédoniens : "Les gens ont eu du mal à comprendre ce qu’était un gel des prix, en sachant que ces derniers étaient plutôt plafonnés. Les prix ont continué à varier sous un plafond alors que les gens attendaient qu’ils baissent et restent bas. Il y a donc eu une incompréhension sur les fluctuations. Ensuite, ce gel était un peu compliqué parce qu’il ne portait que sur une partie des prix (...) Des produits étaient concernés par la baisse de 10%, d’autres ne l’étaient pas. Par conséquent, le gel n’a pas forcément été bien ressenti par les consommateurs. Sur le prix des assurances par exemple, généralement payé en une seule fois, ils ont noté une augmentation. Ils se sont donc posé la question de savoir si ce prix était soumis au gel (…) Ce que nous avons constaté au niveau des paniers de la ménagère que l’on effectue sur un certain nombre de produits, c’est plutôt une stagnation des prix avec des petites variations.  Mais on observe une petite tendance au relâchement en ce moment".