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Coupe de France:" Waddle" sur les traces des “vieux”

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La joie d'Antoine Kombouaré après son pénalty lors de la finale PSG/FC NANTES en 1993. Antoiné Kombouaré est le seul calédonien a avoir remporté la Coupe de France.
Georges Gope-Fenepej a joué ce mercredi matin (mardi soir en Métropole) un quart de finale de Coupe de France contre Saint-Etienne. Peu de Calédoniens ont connu cet honneur avant lui. Rétrospective d’une épopée de plus de quarante ans.
La finale perdue de Kanyan en 72

Dans sa voiture garée sur le parking du club omnisport de l’Olympique Nouméa à Sainte-Marie, un fanion du SC Bastia est accroché à son rétroviseur. Sur le tableau de bord, une casquette du Gazélec d’Ajaccio. Sans parler du ballon rond, à portée de main, dans le coffre. Marc Kanyan, en short-claquettes et tee-shirt corse sur les épaules, est toujours mordu. Il nous avertit d’emblée qu’il participera à la réunion de rentrée de la section football de l’Olympique juste après l’entretien qu’il nous accorde. Il en est le vice-président depuis 2014. A 72 ans, son visage est toujours aussi carré et ses yeux malicieux. Les cheveux sont désormais gris mais la passion est intacte, comme ses souvenirs de la Coupe de France.
« Ah ! Ces matchs-là n’ont rien à voir avec ceux du championnat. Il y a un engouement extraordinaire. Les supporters mettent l’ambiance, sortent les drapeaux, la totale. En championnat, tu connais tes adversaires. En Coupe, on tire au sort, et tu tombes contre un grand ou un petit. Il y a beaucoup de surprises ! ». Seul calédonien avec Charles Tamboueone à avoir joué les Jeux Olympiques en équipe de France à Mexico en 1968, Marc Kanyan est aussi le premier joueur du territoire à s’être qualifié pour un quart de finale de Coupe de France. C’était en 1972 avec le Sporting Etoile Club Bastia. « On est allé très loin. En quarts, on bat l’Olympique Avignonnais 1-0 à l’aller comme au retour. En demi-finale, c’était chaud. On gagne Lens 3-0 chez nous, avant de s’incliner 2-0 chez eux ! ». Les corses passent de justesse et tomberont en finale devant l’OM au Parc des Princes (1-2). « On les avait battu deux fois en championnat, et notamment 2-0 au Vélodrome. Je pense qu’on a eu un excès de confiance (…) On était un petit club de village et les gens nous chambraient là-dessus. En face, il fallait voir les joueurs de Marseille à l’époque : Bosquier, Carnus, Kula, Gress, Bonnel, Couécou, Skoblar, Magnusson. Tous étaient internationaux ! ».
D’autres flashs antérieurs sont gravés dans sa mémoire. « Il y a ce match à Marseille contre l’OM (NDLR : au 6e tour en 1964-1965). Je jouais pour le Gazélec d’AjaccioOn les avait battu 5-1 au stade Vélodrome. Je fais une talonnade devant le but». Il étouffe un rire. « Le terrain était mouillé. J’arrive dans la surface et le gardien marseillais, Jean-Paul Escale, sort dans mes pieds. Je lui marche sur la main ce qui l’oblige à lâcher le cuir. Je le pousse sur la ligne, me retourne et fais rouler le ballon en arrière dans le but. Tout le monde me l’a reproché, mes dirigeants, comme mes entraîneurs ! ». Nouvelle tranche de rigolade.
 
Zimako battu en 1981!

Après Kanyan, il ne faudra pas attendre bien longtemps pour retrouver un cagou dans les derniers tours de la Coupe de France. Deux ans exactement. En 1974, Jacques Zimako dispute lui aussi les quarts de finale sous les couleurs du SEC Bastia, comme son aîné. L’aventure cependant tourne court avec une défaite 2-0 à Monaco sans le calédonien, suivie d’une victoire insuffisante 1-0 à domicile, malgré sa titularisation. Lors de l’édition suivante, il joue l’intégralité des deux matchs contre Nice en 16e de finale et parvient même à marquer à l’aller. Bastia se qualifie, mais en quarts contre Angers, le calédonien ne joue pas. Idem lors de la demi-finale perdue 2-0 face à Saint-Etienne au Parc des Princes.
En 1976, il se voit offrir deux nouvelles titularisations en 16e de finale contre Vauban (2-2 à l’extérieur, 3-1 à domicile), puis en 8e face à Nice. Zimako trouve même le fond des filets au retour lors d’un carton 4-0. Mais une fois de plus, l’histoire n’ira pas plus loin. Le Sporting est défait 1-0 en Corse par Metz et concède le nul 0-0 en Moselle. A croire que cet échelon des quarts est une malédiction.
Le sentiment se renforcera avec son nouveau club, Saint-Etienne, lors de l’exercice 1979-1980. Les Verts ne peuvent faire mieux qu’un nul 0-0 à Montpellier avant un nouveau score de parité 1 partout au stade Geoffroy Guichard. Les buts à l’extérieur font la différence, Sainté reste à quai.
L’année suivante, l’international contribuera à éliminer Montpellier en quarts en marquant à l’aller  (2-1, 1-1). « Sainté » se débarrassera ensuite de Strasbourg en demi (2-1, 1-1) avant de buter sur … le SEC Bastia 2-1 en finale ! Cruelle désillusion pour Zimako face à ses anciens camarades.
 
Kombouaré et Drawilo trop juste

Alors que les pionniers tirent leur révérence, de jeunes pousses prennent le relais au milieu des années 80. Premier d’entre eux, Antoine Kombouaré. Le stoppeur du FC Nantes, dès sa première saison professionnelle, découvre la Coupe de France. En 1984-1985, il joue six matchs dans la compétition dont un quart de finale aller/retour contre le PSG. La confrontation se solde par une double défaite 1-0.
Robert Drawilo, l’attaquant de 23 ans du Gazélec d’Ajaccio, connaîtra lui un 16e de finale contre Marseille au stade Ange Casanova le 10 mars 1990. L’OM dominera logiquement la rencontre 3-1 avec un doublé de Didier Deschamps. Tigana, Waddle, Francescoli, Papin, Sauzée ou encore Amoros avaient également joué cette rencontre. De quoi faire de beaux rêves, encore aujourd’hui, pour l’actuel coach de l’AS Lössi.
 
Koulone assome Lali


L’inédit se produit en 1993 lorsque le défenseur du PSG, Antoine Kombouaré, et le milieu du FC Nantes, Christian Karembeu se retrouvent face à face en finale de la Coupe nationale. Une fierté pour le Caillou. Le Kunié et ses coéquipiers ont sorti Bordeaux en quarts (2-0) puis le Stade Lavallois dans le dernier carré (1-0). Le garçon de Lifou et Canala a lui éliminé, avec les Canaris, Montpellier aux tirs aux buts puis Saint-Etienne (1-0). Tous deux seront des acteurs majeurs du dernier acte. La première mi-temps de la finale s’achève sur un 0-0. Mais au retour des vestiaires, dans la continuité du coup d’envoi, Christian Karembeu enchaîne les erreurs. Il perd un ballon à vingt de mètres de ses cages, rate son tacle sur le parisien Laurent Fournier dans la surface de réparation, concède un penalty et bouscule l’arbitre pour contester sa décision pourtant logique. L’homme en noir sort le carton rouge et renvoie « Lali » aux vestiaires.
Difficile de faire pire. A moins … de voir le « grand frère » Antoine Kombouaré prendre la responsabilité de tirer le penalty en lieu et place de Ricardo et Weah. Le n°6 ne fait pas de sentiment avec un tir croisé puissant à ras de terre. La joie de « Koulone », déjà buteur décisif en 8e de finale face à Monaco, est immense. Paris est lancé et plus rien ne l’arrêtera. Les Nantais encaisseront deux autres buts, de Ginola sur un magnifique coup-franc à la 55e minute et d’Alain Roche de la tête à la réception d’un corner. Kombouaré devient le premier et le seul calédonien à remporter la Coupe de France.
 
Le Kunié passe toujours deux fois … voire trois


Christian Karembeu ne goûtera plus jamais à une finale de Coupe de France après cet épisode. En 1994, Nantes signera bien une victoire en quarts face à Valenciennes 3-1, mais échouera ensuite face à Auxerre (1-0). En revanche, Kombouaré remportera de son côté une autre Coupe nationale en 1995 avec le PSG. Après avoir dominé Nancy et Marseille 2-0, son équipe s’imposera 1-0 face à Strasbourg, le 13 mai au Parc des Princes. But de Paul le Guen à la 48e minute. Il réussira également l’exploit de remporter la compétition en tant qu’entraîneur en 2010 !

Dernière minute...

Résultat du match Boulogne/ Saint Etienne disputé ce mercredi matin pour nous...Malheureusement Waddle et son équipe n'iront pas en demi-finales de la Coupe de France. Mais quel match! Boulogne s'est plus que bien battue puisqu'il a fallu des prolongations et une séquence tirs au but pour que Saint Etienne décroche sa qualification...
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