Comment s’organise le tri sélectif sur le Caillou ?

écologie
tri sélectif
©Lizzie Carboni - NC 1ère
La Nouvelle-Calédonie est en retard dans la gestion de ses déchets. Il s’agit surtout  d’un retard d’équipement. Un tiers des déchets ménagers par habitant pourrait être évité par l’adoption de gestes simples tels que le tri sélectif.
Chaque habitant de Nouméa produit environ 450 kg de déchets par an, soit plus d’un kilo par jour. Sur le Caillou, c’est sous la forme de PAV, Points d’Apports Volontaires que le tri sélectif est mis en place. Les PAV sont répartis dans la ville depuis le mois d’avril 2009. Les premiers instigateurs de cette démarche : la SIC et ses conteneurs bleus et jaunes. Depuis peu, deux nouvelles déchèteries ont ouvertes, sur les trois déjà existantes. 
 
« On a voulu profiter de l’ouverture des déchèteries de Magenta et du PK6 pour communiquer un peu plus sur le tri sélectif. Il y avait un manque d’informations auprès des gens » explique Amélie Jacquiot, chargé de missions déchets au Syndicat Intercommunal du Grand Nouméa. 
 
Avant ce mois d’avril, pour déposer ses déchets encombrants et autres produits recyclables, il fallait aller à La Coulée, à Gadji ou encore à Ducos. Sur ces sites, on y dépose ces déchets encombrants mais aussi du carton, du verre, du plastique et du papier. A noter que sur les déchèteries, le verre et le plastique ne sont possibles au recyclage que depuis 2014. Pour le carton et le papier, depuis 2013.
 
Environ 11 800 tonnes de déchets sont accueillies chaque année sur les déchèteries. Seul le verre et les huiles de vidange sont recyclés et valorisés localement. Concernant les déchets dangereux comme les piles et les batteries, c’est l’éco-organisme Trecodec qui les recycle, là aussi via un réseau de PAV.
 

Vers un tri sélectif depuis son domicile ?

En métropole, le tri-sélectif s’organise depuis son domicile, grâce à des poubelles spéciales. Elles permettent de récolter le papier, le carton et les emballages plastiques. En Nouvelle-Calédonie, la donne est différente. 
 
« Ce sont les communes qui restent compétentes pour la collecte. Pour le moment à Nouméa, la commune a choisi les PAV, avec un bac bleu pour l’aluminium et un jaune pour le papier » explique Amélie Jacquiot. 
 
En Nouvelle-Calédonie, seule la commune du Mont-Dore propose des bacs aux habitants, pour traiter leurs déchets ménagers recyclables chez eux. Pour 2500 francs par mois, les déchets sont ensuite collectés une fois tous les quinze jours.
Sur les autres communes, ce dispositif est encore inexistant. 
 
« Pour le moment, il n’y a pas de réglementation, cela reste au bon vouloir des communes. Il y a aussi la question du coût et des services qu’il faudra mettre en place » indique Amélie Jacquiot.  
 

Et vous ? Ca vous parle le tri sélectif ?

Aujourd’hui, la population mondiale produit deux fois plus de déchets qu’il y a 40 ans. En Nouvelle-Calédonie, les gens sont-ils vraiment au courant du tri sélectif ? Se sentent-ils concernés ? Que faire pour améliorer le tri sélectif ?
 
Claire, 27 ans :
« Nous on ne le fait pas à la maison. Je sais que c’est très intéressant et utile mais je ne l’impose pas à mes parents, j’attendrais d’avoir un logement à moi pour le faire. Je le faisais en métropole quand j’étais étudiante mais je ne savais pas ce qu’on pouvait faire ici pour le tri sélectif, on n’est pas vraiment informés. Ce serait compliqué de mettre des poubelles spéciales chez les gens. Il faudrait mettre plus de lieux de dépôt dans chaque quartier, plus près des gens » 
 
Brice, 20 ans :
« Je fais le tri sélectif chez moi. Je recycle les canettes et le verre et je les emmène une fois tous les deux mois à la déchèterie de Magenta. Les petits dispositifs qui existent dans la ville pour l’aluminium, on ne peut mettre qu’une canette à la fois, les gens se découragent à passer quinze minutes devant. Pour les poubelles à domicile, je ne pense pas qu’on y arriverait, ce n’est pas dans les mœurs ; il faudrait changer les mentalités » 
 
Amy, 29 ans :
« Je ne fais pas le tri sélectif chez moi et honnêtement je n’y pense pas. Ca ne me vient jamais à l’esprit, nous ne sommes pas assez impliqués et informés. Pour le moment, il faut que les Calédoniens se déplacent et honnêtement tout le monde n'a pas le temps de le faire. J'aimerais qu'il y ait une vraie campagne, des poubelles double pour tout le monde et une éducation adaptée du consommateur calédonien. Le Calédonien est fainéant et il faut lui faciliter la tâche au maximum. Si dans ma résidence il y avait deux poubelles et si on était un peu plus au courant, je le ferais »