Le Partenariat Trans-Pacifique change la vie de 800 millions de personnes

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Ministres du Commerce des pays-membres du partenariat Trans-Pacifique
Photo de famille: les 12 ministres du Commerce des pays-membres du partenariat Trans-Pacifique, mardi à Atlanta. ©Reuters
Un accord de libre-échange historique a été conclu mardi à Atlanta, par 12 pays situés sur le pourtour du Pacifique.




Outre les États-Unis, la Canada, l'Australie et la Nouvelle-Zélande, le Chili, le Vietnam, le Pérou ou encore la Malaisie sont partenaires de cet accord de libre-échange. À eux 12, ces pays représentent les deux cinquièmes de l'économie mondiale.
 
C'est un accord de libre échange considérable, le plus important depuis la création de l'Organisation Mondiale du Commerce en 1995. Pour Barack Obama en particulier, c'est une réussite. Le partenariat trans-Pacifique va permettre de contrebalancer la toute puissance économique de la Chine.
 
La durée de protection des brevets pharmaceutiques américains était au centre des négociations de dernière minute, lundi. Finalement le compromis est basé sur un système à deux vitesses, en fonction des pays et des médicaments, qui prévoit entre 5 et 8 ans de protection. L'Australie voulait absolument ne pas dépasser 5 ans. Mais assure Andrew Robb, le ministre australien du Commerce, malgré ce compromis, le prix des médicaments n'augmentera pas:
 
"Rien, absolument rien ne va changer dans le système de santé australien."
 
Parmi les gagnants de ce partenariat Trans-Pacifique en Australie, les agriculteurs sont en bonne place. Andrew Robb:
 
"L'agriculture pourrait compenser le ralentissement du boom minier en Australie, et grâce à cet accord de libre-échange, pour la première fois depuis 20 ans, on va pouvoir exporter notre riz au Japon; et nous entrons pour la toute première fois sur le marché mexicain, etc."
 
Le partenariat Trans-Pacifique devrait aussi bénéficier aux entreprises australiennes du secteur de l'énergie:
 
"L'accord nous permet de rentrer sur des marchés, dans des pays émergents, auxquels nous n'avions pas accès auparavant. Il en va de même pour les services, l'éducation, les transports, les services miniers, etc."
 
Parmi les perdants, l'industrie du tabac, comme l'explique l'économiste David Collins, de la City University de Londres. Les fabricants de tabac n'auront en effet pas le droit de poursuivre en justice les États membres du Partenariat Trans-Pacifique. Par exemple, impossible pour Philip Morris d'e contrer l'instauration du paquet de neutre par le gouvernement australien, auprès du partenariat trans-Pacifique, comme le géant du tabac a pu le faire devant l'OMC.  
 
Parmi les perdants figurent également les fabricants australiens d'appareils électroménagers et électroniques. Andrew Robb:
 
"Le partenariat Trans-Pacifique supprime les barrières douanières avec les 11 autres pays. Avant elles étaient de 5%. Donc les appareils électroménagers et électroniques seront moins chers pour les consommateurs australiens. Mais les fabricants australiens, eux, vont souffrir de cette concurrence. Ils vont devoir investir pour être plus compétitifs. Mais de manière générale, l'accord va permettre de créer beaucoup d'emplois en Australie."
 
Enfin, l'accord de libre-échange garantit les droits des travailleurs - en terme de salaire minimum et de droit de syndiquer. Il introduit aussi des dispositions contre la sur-pêche, et le trafic d'animaux sauvages.
 
Cependant, le partenariat Trans-Pacifique n'est pas encore un fait accompli. Il doit encore être ratifié par les Parlements des 12 pays signataires. Une tâche qui s'annonce difficile, rien qu'au Canada et aux États-Unis, qui sont déjà en période électorale.