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Papouasie-Nouvelle-Guinée : un premier réfugié quitte le centre de Manus pour travailler à Port Moresby

Un Iranien est le premier réfugié libéré du centre de rétention de Manus à quitter l'île pour tenter sa chance à Port Moresby, la capitale de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

Reza Mollaghlipour (à gauche) en janvier dernier à Manus. Il venait d'obtenir le statut de réfugié et le droit de sortir du centre de rétention. © ABC
© ABC Reza Mollaghlipour (à gauche) en janvier dernier à Manus. Il venait d'obtenir le statut de réfugié et le droit de sortir du centre de rétention.
  • Élodie Largenton (ABC/Radio Australia)
  • Publié le , mis à jour le
Il a été le premier réfugié libéré du centre de rétention de Manus, il est le premier à quitter l'île pour tenter de refaire sa vie dans la capitale papoue, Port Moresby. Reza Mollaghlipour vient d'être embauché… par l'agence de recrutement chargée de trouver du travail aux réfugiés.
 
Iranien, âgé de 39 ans, Reza Mollaghlipour a passé 18 mois en détention avant d'obtenir le statut de réfugié. Libéré en janvier dernier, il passait ses journées à s'ennuyer dans le centre de transit, en attendant que les autorités papoues mettent en place un plan pour accompagner les réfugiés dans leur nouvelle vie. Promis de longue date, ce plan a finalement été annoncé il y a un mois. Reza Mollaghlipour n'a pas hésité, il est tout de suite parti en quête d'un travail à Port Moresby :
 
"Je ne suis pas heureux, mais je suis content d'avoir pu quitter l'île de Manus. Je voulais juste travailler, et j'ai besoin d'argent, je dois travailler et gagner de l'argent."
 
Il n'a pas réussi de trouver de travail en tant qu'ingénieur, mais il a décroché un contrat de courte durée au sein de l'agence de recrutement qui vient en aide aux réfugiés de Manus. Il est donc chargé d'aider les 346 autres personnes qui sont dans son cas, qui peuvent refaire leur vie en Papouasie-Nouvelle-Guinée.
 
Comme l'explique Esther Gaegaming, chef adjointe des services de l'immigration, le gouvernement exige des réfugiés qu'ils trouvent un travail avant de vivre au sein de la société papoue :
 
"On aimerait que les réfugiés ne bénéficient pas d'un traitement de faveur, parce que sinon nos citoyens vont demander pourquoi ces gens qui viennent de très loin dans le monde sont mieux traités qu'eux, qui ne reçoivent aucune aide du gouvernement."
 
Les réfugiés sont conscients que beaucoup de Papous ont peur de se faire voler leurs emplois. Ils sont près de 300 à avoir choisi de rester derrière les barbelés du centre de Manus, estimant qu'ils seraient en danger en dehors du centre de rétention. Reza Mollaghlipour comprend ce choix :
 
"Je pense que plus de 90% d'entre eux ne veulent pas venir ici, à Port Moresby. Pour eux, ce pays, ce gouvernement n'est pas capable d'aider les réfugiés."
 
Une attitude dénoncée par Esther Gaegaming :
 
"On peut être très déterminés, et nous sommes très déterminés, et nos partenaires sont déterminés à faire en sorte que cela marche, mais si les réfugiés eux-mêmes ne veulent pas bouger, alors on ne peut pas les forcer à s'investir."
 
Convaincre les réfugiés de quitter le centre de rétention de Manus sera donc, en partie, le travail de Reza Mollaghlipour.
 
Rappelons que le centre de Manus accueille des demandeurs d'asile pour le compte de l'Australie.
1 449 011 264

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