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De plus en plus d'enfants vendeurs de rue aux Samoa

L'Organisation internationale du travail publie les résultats d'une enquête réalisée aux Samoa l'an dernier. Selon cette étude, de plus en plus d'enfants, parfois âgés de seulement six ans, passent leurs journées dans les rues d'Apia pour tenter de gagner quelques sous.

Au centre, Gatoloa'i Tili Afamasaga, la présidente du Congrès des travailleurs samoans. © ilo.org
© ilo.org Au centre, Gatoloa'i Tili Afamasaga, la présidente du Congrès des travailleurs samoans.
  • Élodie Largenton (ABC/Radio Australia)
  • Publié le
Une centaine d'enfants et d'adolescents ont été interrogés par l'Organisation internationale du travail (OIT) dans les rues de la capitale samoane. Certains sont chargés par des commerçants de vendre leurs produits dans la rue, d'autres ont été vus en train de faire les poubelles. En général, ils travaillent de longues heures en journée au lieu d'aller à l'école. Même en pleine nuit, certains enfants continuent à rôder et à vendre divers produits. 
 
Des mesures ont bien été prises par les autorités pour enrayer le problème, mais force est de contester qu'elles ne suffisent pas, souligne Gatoloa'i Tili Afamasaga, la présidente du Congrès des travailleurs samoans et du Comité sur le travail des enfants :
 
"Ce qui nous inquiète, c'est que ce phénomène est en augmentation. Ça devient de plus en plus évident, malgré la législation et notamment la loi sur l'enseignement obligatoire."
 
Depuis 1992, les enfants âgés de 5 à 14 ans doivent aller à l'école. En 2009, la loi a été modifiée pour permettre au gouvernement de donner une amende aux parents dont les enfants ne vont pas en classe. Et en 2010, une aide gouvernementale a été introduite pour aider les parents à payer les frais de scolarité.
 
Le problème, estime Loukinikini Vili, avocate des droits de l'homme pour le bureau du médiateur, ce n'est pas la loi, mais son application : « La faiblesse se situe au niveau des mesures d'exécution de la loi », déclare-t-elle à la radio nationale néo-zélandaise.
 
Mais pour Gatoloa'i Tili Afamasaga, le problème, c'est surtout la pauvreté croissante :
 
"Il y a des preuves qui montrent que les enfants vendeurs de rue sont un indicateur de pauvreté. On ne peut pas nier ça. Il y a des parents qui choisissent d'ignorer la loi parce qu'ils sont désespérés, et c'est d'ailleurs la raison qu'ils donnent aux autorités s'ils se font attraper. Ils n'ont pas de travail décent, cherchent désespérément un gagne-pain."
 
L'Organisation internationale du travail recommande aux Samoa de changer la loi pour améliorer la situation. Il faudrait notamment interdire les enfants de moins de 16 ans de vendre dans la rue, estime le Comité samoan sur le travail des enfants.
 
Rappelons qu'en septembre dernier, le Premier ministre, Tuilaepa Sailele, avait affirmé qu'il n'y avait "pas de pauvres aux Samoa".
 

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