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Un chantier pour sauver la mangrove de Tina en péril

Des travaux de curage ont été engagés dans la mangrove de Tina pour tenter de sauver la mangrove, qui n'est plus alimentée en eau depuis quelques temps. Une iniative urgente, visant à sauver la faune et la flore de cette zone, mais aussi à redonner à la mangrove son rôle de protection du littoral.

Des travaux de curage ont été engagés dans la mangrove de Tina pour tenter de sauver la mangrove, qui n'est plus alimentée en eau depuis quelques temps. © NC1ère
© NC1ère Des travaux de curage ont été engagés dans la mangrove de Tina pour tenter de sauver la mangrove, qui n'est plus alimentée en eau depuis quelques temps.
  • Elif Kayi (avec Jean-Paul Treuil)
  • Publié le , mis à jour le
Depuis quelques temps, une partie de la mangrove de Tina est en train de dépérir. En cette période de sécheresse, elle n'est plus alimentée en eau, et le chenal d'eau de mer, qui la dessert aussi en temps normal, est bouché. 
 
Les services de la Province Sud, alertés par des associations de de riverains et de protection de l'environnement, ont décidé d'intervenir.  
 
"Nous avons été appelés pour aider la direction de l'environnement à réaliser ce chantier de réhabilitation", commente Philippe Bonnefois, responsable du service de l'eau et de la lutte contre l'érosion au sein de la Direction du Développement Rural. 
 
L'ensemble du système de chenaux, qui existe de façon naturelle, va être réhabilité. Les sables arrivés par le biais de la mer, à l'embouchure, vont ainsi être curés et évacués, ce qui va permettre à l'eau de circuler à nouveau. Les travaux de curage vont durer trois jours, au terme desquels le chenal sera à nouveau ouvert. Une opération de 1,5 millions de francs CFP financés par la Province Sud.  
 
Ecoutez les explications techniques de Philippe Bonnefois, sur des images de Sheima Riahi et Philippe Kuntzmann pour NC1ère : 
ITW-BONNEFOIS-111215

 

L'intervention était urgente, car sur les quatre hectares que compte la mangrove au total, un demi-hectare est déjà sérieusement impacté.
 
"Il en va de la survie de cette mangrove", insiste Philippe Bonnefois. "La première nuisance est une nuisance olfactive; ce sont les riverains qui habitent à côté qui nous l'ont fait remarquer. Et deuxièmement, c'est la perte de bio-diversité en matière environnementale". 
 
Car la situation a des conséquences directes sur la faune et la flore de la mangrove. Une grande partie des petits animaux qui y vivent habituellement, comme les crabes, les poissons, les crevettes, sont morts depuis quelques temps et les palétuviers sont en train de mourir. Réaction en chaîne : les oiseaux qui venaient se nourrir des petits animaux de la mangrove ont déserté les lieux pour aller s'alimenter ailleurs. 
 
Autre conséquence désastreuse de cette déperdition de la mangrove : celle-ci ne joue plus son rôle de protection du littoral, contre les grosses marées et les cyclones. 
 
"Si on a un cyclone cet été, le risque est qu'on ait un gros phénomène d'érosion qui impacte le golfe et les habitations à côté", commente Isabelle Jurquet, chef de service des Aires protégées aménagées au sein de la direction provinciale de l’Environnement. 
 
Les risque d'incendie ne sont pas non plus à négliger, en raison de la sécheresse extrême des palétuviers. "On est sur des milieux humides, donc c'est toujours plus compliqué d'arrêter des feux sur ce type d'habitats", poursuit Isabelle Jurquet. 
 
Ecoutez les propos d'Isabelle Jurquet, sur des images de Sheima Riahi et Philippe Kuntzmann pour NC1ère : 
ITW-MANGROVE-111215

 

Il était donc urgent de rétablir la circulation d'eau dans la mangrove pour éviter que celle-ci ne meurt complètement cet été. Philippe Bonnefois souligne aussi la nécessité de prendre en compte les spécificités de la zone lors d'aménagements urbanistiques. 
 
"Dans le cadre d'aménagement, on doit travailler avec la contrainte mangrove", conclut Philippe Bonnefois. "Premièrement, on essaie d'éviter des aménagements en bordure de mangrove. Deuxièmement, si on ne peut pas faire comme cela, comme cela a été le cas du lycée au Mont-Dore, si on détruit un hectare, on en replante cinq ou sept derrière".  

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