Les pays du Pacifique doivent-ils craindre le ralentissement chinois ?

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La Chine achète beaucoup moins de métaux de base, faisant chuter les cours.
Le ralentissement de l'économie chinoise aura des conséquences dans le Pacifique, mais il n'y a pas de quoi paniquer, assurent plusieurs analystes.
Le chiffre est tombé cette semaine : en 2015, la croissance chinoise n'était que de 6,9%, son plus faible niveau depuis 25 ans. Cela risque d'avoir des répercussions dans notre région, car les échanges commerciaux entre les pays du Pacifique et la Chine ne cessent de grossir.

La Papouasie-Nouvelle-Guinée est la plus exposée au ralentissement chinois, puisque c'est le pays de la région qui dépend le plus de ses exportations. Une mauvaise nouvelle de plus pour l'économie papoue, qui souffre déjà de la sécheresse provoquée par la présence du phénomène El Nino et de la chute des prix des matières premières. Christopher Edmonds, économiste au sein de la Banque asiatique de développement « Pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée, ça va se traduire par une baisse des revenus liés aux exportations et la situation fiscale du pays va donc empirer. Les Îles Salomon sont aussi particulièrement exposées en raison du volume de leurs exportations vers la Chine. »

On s'attend également à ce que les Fidji et les Îles Marshall souffrent du ralentissement chinois. Les prix de l'énergie, des minerais, du bois et du poisson sont à la baisse. Mais il y a malgré tout de quoi espérer : le tourisme devrait continuer à bien se porter, prédit le délégué commercial des îles du Pacifique à Pékin, David Morris « Le tourisme est le secteur prometteur à suivre. Toutes ces discussions sur le ralentissement éludent cet élément majeur : alors que l'économie ralentit, la classe moyenne chinoise ne cesse de grossir. Vous avez donc désormais des centaines de millions de personnes en Chine qui ont les moyens de s'offrir des vacances à l'étranger. »

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Le nombre de touristes a atteint des records dans plusieurs pays du Pacifique en 2015 ©Plantation Island Resort, Fidji

Autre raison de rester optimiste : les pays de la région se sont remis de la crise économique mondiale, souligne Christopher Edmonds « On avait vu un certain nombre de fonds d'investissement perdre de leur valeur, ce qui avait été terrible pour les Kiribati, mais en 2010, la plupart de ces fonds avaient retrouvé leur valeur initiale. C'est donc encourageant, ça veut dire que même si l'on connaît une crise très profonde, le marché se remet rapidement. »

Pour faire face aux difficultés qui s'annoncent, il y a une chose à faire en priorité, recommande cet économiste de la Banque asiatique de développement « Le conseil qu'on donne, c'est d'utiliser prudemment ces fonds d'investissement et marges budgétaires. Quand les îles ont des rentrées d'argent inattendues, comme par exemple de grosses sommes d'argent liées à la pêche, il faut qu'elles considèrent cela comme une expansion de courte durée, il ne faut pas l'incorporer dans le budget pour payer des salaires sur le long terme ou des frais annuels. Il vaut mieux garder cet argent pour les moments difficiles. On le voit d'ailleurs avec le Timor oriental et la Papouasie-Nouvelle-Guinée : l'économie se porte nettement mieux au Timor oriental, qui a mis en place un Fonds pétrolier. »