Aide de l’Etat à la SLN : qu’en pensent les partenaires sociaux ?

L'usine de la SLN, à Doniambo, à l'entrée de Nouméa.
Alors que la "Vieille dame" risque la cessation de paiements d'ici la fin du mois, sept milliards de francs d’aide d’urgence devraient être débloqués par Paris. La direction de l'entreprise affirme ne pas en avoir été officiellement informée. Mais les syndicats, eux, y voient un signal positif.

Sept milliards de francs pour sauver la SLN du dépôt de bilan, qui l’attendrait à la fin du mois de janvier... C’est le montant qui circulerait dans les couloirs des ministères, à Paris, mais que la direction de Doniambo se refuse toujours à confirmer. 

Dans un communiqué envoyé ce lundi soir, la SLN confirme n’avoir été destinataire d’aucune communication officielle de l’Etat. Selon la direction, "un prêt ne pourrait intervenir qu’à condition que l’entreprise retrouve un modèle économique soutenable et une capacité à générer de la trésorerie."

Il est donc "indispensable d’assurer la mise en oeuvre du Plan de Progrès d’Urgence (PPU) défini par la direction", poursuit la SLN dans ce même communiqué. 


En attente d'une stratégie nickel pour le pays

Pour remettre à flot sa trésorerie, l'entreprise mise sur trois objectifs :

  • Mettre en oeuvre ce PPU
  • Atteindre des objectifs de production 
  • Réduire strictement les coûts

Elle dit aussi attendre les "discussions annoncées au niveau politique sur une stratégie nickel globale, de plus long terme et à l'échelle de la Nouvelle-Calédonie"


Eviter la cessation de paiements

Pour les partenaires sociaux, cette aide de l'Etat est perçue comme une bouffée d’oxygène. Délégué Cogetra, Elvis Macé estime que "c'est une bonne nouvelle", même si "ce n'est pas une fin en soi". "On va avoir 7 milliards (de francs) pour le court terme. Ça évite la cessation de paiements. Mais il faut qu'on travaille avec l'ensemble des salariés et de la direction sur le moyen et le long terme"

A l'entrée de l'usine, des banderoles rappellent l'inquiétude des syndicats sur l'avenir de l'entreprise.



Rapport de force entre syndicats et direction 

Or, ces syndicats sont toujours mobilisés face au plan d’urgence qui leur a été présenté vendredi 13 janvier, en comité d’entreprise. Il mise sur 10 milliards de francs d’économies sur l’exercice 2023 et la suppression de 80 emplois. 

Des efforts toujours consentis par les mêmes, estime l'intersyndicale, qui a rencontré la Direction du travail et de l'emploi ce lundi 16 janvier. "Aujourd'hui, le dialogue social à la SLN devient très compliqué, déplore Elvis Macé. C'est ce qu'on a exprimé à la DTE, cet après-midi. On va en faire écho à nos politiques et plus particulièrement au président du gouvernement." 

Pour Glen Delathière du SGTINC, syndicat majoritaire à la SLN, pas question de revivre certains plans sociaux du passé. "Il y a des lois de pays, il faut les respecter." L'intersyndicale n'exclut pas de futures actions, si elle n'est pas entendue par la direction de l'entreprise. 

La réaction de Glen Delathière est à écouter ici.


Un précédent emprunt de 63 milliards

Plan d’urgence, aide conditionnée à une mission de l’inspection des finances... Sous perfusion, la SLN est également scrutée sous toutes ses coutures.

Pour mémoire en 2016, la société le Nickel, déjà en très mauvaise posture financière, avait dû recourir à l’emprunt. Un prêt de 63 milliards de francs consenti auprès d’Eramet et de l’Etat, dont la dernière tranche a été dépensée au quatrième trimestre 2022. Et ce, malgré l’autorisation à l’exportation de 6 millions de tonnes de minerai, censée équilibrer les pertes de l'opérateur sur la partie métallurgie.  

L'éclairage de Bernard Lassauce

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