Après Tahiti, les Rafale dans le ciel de Hawaï au côté de l'US Air Force (vidéo)

hawaii
Hawai
Patrouille aérienne : F22 Raptor et Rafale dans le ciel de Hawaï ©Armée de l'Air et de l'Espace
Après avoir accompli la mission HEIFARA en Polynésie française, les aviateurs de l’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE) ont rejoint la grande base aérienne de Pearl Harbor, près de la ville de Honolulu, sur l’archipel d’Hawaï, centre du dispositif de Défense américain dans le Pacifique.

Le dispositif aérien français a pu renforcer la coopération bilatérale avec les États-Unis, dans le Pacifique, une mission inédite nommée WAKEA. "Il ne s'agit pas de mettre en scène une menace, il s'agit de dire à la Chine, notamment pour la France, que l'on veut discuter avec elle mais que son comportement doit suivre les règles internationales" a précisé Frédéric Grare, qui fut longtemps diplomate dans la région, dans une interview au quotidien Les Echos.

Ces douze derniers jours, les aviateurs ont évolué dans le ciel d’Hawaï en compagnie des chasseurs F-22 pour les Rafale et des C-17 pour les A400M. Avant cette étape, le dispositif s’est déplacé de Tahiti à Hawaï.

Dans ce cadre, l’A330 Phénix a joué un rôle essentiel. Après avoir démontré la capacité de ses aviateurs à réaliser des entraînements à plus de 17 000km de la France métropolitaine, l’Armée de l’Air et de l’Espace (AAE) a démontré sa capacité de projection rapide pour effectuer des missions opérationnelles dans le Pacifique.

Phenix
Ravitaillement en vol des Rafale par un A330 Phenix (Multi Role Tanker Transport.) ©Armée de l'Air et de l'Espace

Durant la phase de transit de Tahiti vers Hawaï, le capitaine Thomas, commandant de bord du Phénix, a expliqué : "Nous avons décollé de Tahiti et nous avons effectué deux ravitaillements au profit des trois Rafale. Puis un troisième avant l’arrivée à Hawaï. La zone intertropicale a été passée grâce à nos radars de dernière génération pour éviter les zones turbulentes."

À l’arrivée dans le ciel d’Hawaï, "le plus délicat a été d’effectuer la séparation du dispositif pour s’intégrer dans la circulation aérienne dense de Hawaï. 

Une fois sur place, les chasseurs se sont concentrés sur le côté opérationnel tandis que l’A400M a encore apporté son soutien logistique. "Pour la première fois en mission opérationnelle, cet appareil était en charge d’assurer le secours en mer en cas de besoin pour un équipage contraint de s’éjecter," a notamment indiqué un communiqué de l'Armée de l'Air et de l'Espace.

Rafale
Rafale et F22 Raptor dans le ciel de Hawaï ©Armée de l'Air et de l'Espace

Hawaï a été un succès pour la mission WAKEA. L’activité opérationnelle sur place a renforcé la coopération bilatérale avec les États-Unis dans le Pacifique. Elle a également permis de développer l’interopérabilité entre les Rafale et les F-22.

Les pilotes français se sont entraînés avec leurs homologues américains dans des Basic fighter maneuvers (BFM), des manœuvres de combat de base. Il s’agit de mouvements tactiques effectués par les avions de chasse lors d’un combat aérien pour obtenir un avantage de position sur l’adversaire.

"Cela nous permet de nous entraîner avec notre allié américain à travers différentes missions : chasse mais aussi transport avec nos A400M et leurs C-17", a notamment précisé le lieutenant-colonel Antoine, adjoint au chef de mission et responsable des opérations en vol, de retour d’une mission sur le tarmac.

"Nous avons pu développer notre coordination avec eux à travers les manœuvres aériennes côté chasseurs et des entraînements de largage pour l’A400M. Aussi, l’A330 MRTT Phénix a assuré le ravitaillement en vol des Rafale lors des exercices."

Se retrouver à Hawaï et évoluer dans les airs avec les F-22 est quelque part un rêve qui s’est réalisé pour les pilotes de chasse présents : "C’est une mission peu commune que d’envoyer autant de moyens à plus de 17 000km et en moins de 48 heures. De mon côté, j’ai dû prendre la mesure de la tâche en étant responsable des chasseurs mais aussi des avions de transport et des ravitailleurs," a-t-il livré . "Mais c’est aussi tout le soutien autour qui permet le succès de la mission" a poursuivi le lieutenant-colonel Antoine.

En échangeant avec les Américains, les aviateurs français "peuvent travailler la standardisation de nos procédures lors du briefing ou du débriefing toujours pour être à l’aise ensemble". Une coopération facilitée car "les pilotes de chasse comme les pilotes de transport retrouvent des homologues qui partagent la même passion et des intérêts communs, les échanges se font naturellement".

La mission WAKEA sur la base aérienne de Pearl Harbor-Hickam se termine avec plus de 90 heures de vol réalisées pour les aéronefs de l’Armée de l’Air et de l’Espace. "La dernière étape de notre voyage va se passer à Langley en Virginie (qui est aussi le siège de la CIA ndlr) où nous allons commémorer les 240 ans de la bataille de Yorktown", a ajouté le lieutenant-colonel. "Prendre part à cette cérémonie au sol et dans les airs va être un grand moment." 

Les avions français à Pearl Harbor (images Armée de l'Air et de l'Espace)

©Armée de l'Air et de l'Espace