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Australie: « le gouvernement arnaque les backpackers de 25% de leur salaire »

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C'est fait: le gouvernement et l'opposition se sont mis d'accord sur le taux d'imposition des backpackers - 15%. En réalité, les travailleurs étrangers perdront environ un quart de leurs revenus. Une bonne partie des agriculteurs craignent de perdre cette main d'oeuvre.

15%, ce sera le nouveau taux d'imposition des backpackers étrangers qui viennent cueillir les fruits et légumes de l'Australie en été. La mesure devrait être votée cette semaine par le Parlement. Le gouvernement australien a annoncé ce compromis lundi. Il souhaitait imposer les routards étrangers à hauteur de 19%. L'opposition formée des Travaillistes, des Verts, et d'une poignée d'indépendants, acceptait de voter un taux de 10.5%. Jusqu'à présent, les backpackers étrangers ne payaient pas d'impôts, parce qu'ils ne gagnaient pas assez et restaient en-deçà du seuil d'imposition australien. Dans les rangs des agriculteurs, les avis sont partagés. La Fédération nationale des agriculteurs (National Farmers Federation) et AusVeg, deux syndicats de producteurs, se disent satisfaites du compromis à 15%. 

15% d'impôts pour les travailleurs étrangers, 0% pour les Australiens: « c'est du vol »

Mais d'autres sont exaspérés, parce qu'il a fallu 18 mois aux parlementaires pour se mettre d'accord. Et surtout, ils estiment que l'Australie va tellement ponctionner les backpackers étrangers, que ces jeunes travailleurs vont fuir le pays. D'autant qu'il y a une deuxième mauvaise nouvelle pour eux.  « En réalité, ce taux de compromis, c'est du vol. Dans les faits, le gouvernement arnaque les backpackers de 25% de leur salaire, a expliqué Bill Mc Clumpha sur ABC. Il est vigneron à Sunraysia, dans le nord du Victoria.  « Le taux d'imposition est de 15%, mais par ailleurs le gouvernement confisque les cotisations retraites des backpackers étrangers, qui représentent 10% de leurs revenus. Donc les étrangers versent un quart de leurs revenus au gouvernement, alors que les Australiens qui travaillent à leurs côtés dans les champs, eux, ne paient pas du tout d'impôts. C'est une mesure discriminatoire, et une mesure de disuasion. Les backpackers vont éviter l'Australie. »  
 

« Restez en Australie pour les récoltes, vous êtes les bienvenus » 

Les agriculteurs craignent donc de se retrouver sans main d'oeuvre pour les récoltes de cet été. D'ailleurs la Fédération nationale des agriculteurs est bien consciente de ce danger. Sarah McKinnon, la porte-parole du syndicat, a même lancé un appel pour retenir les backpackers étrangers sur l'île-continent. « À tous ceux qui envisagent de plier bagage et de rentrer dans leur pays d'origine pour Noël, nous vous le disons: ne partez pas, restez en Australie pour les récoltes, parce que vous êtes les bienvenus », a-t-elle déclaré lundi. Les backpackers qui souhaitent à tout prix rester en Australie prendront quand même le chemin des champs et des vergers cet été. Car ils doivent travailler 88 jours dans le secteur agricole pour obtenir une deuxième année de visa vacances-travail. 
 

Les backpackers pourraient bouder l'Australie et choisir la Nouvelle-Zélande 

Mais une bonne partie des candidats à l'Australie vont peut-être changer leurs projets et traverser la mer de Tasman. En Nouvelle-Zélande, les backpackers paient seulement 10.5% d'impôts. « Si j'étais un backpacker, si vraiment j'ai besoin de travailler - ce que je veux éviter au maximum, parce que mon objectif premier est de visiter le pays, je veux maximiser mon salaire durant mes périodes de travail. Et si je suis trop ponctionné sur mon salaire, je vais me détourner du pays. Donc ce qui risque de se passer, c'est que les backpackers voient que cela ne fonctionne pas en Australie, et qu'à la place, ils viennent travailler en Nouvelle-Zélande », prédit Mike Chapman, le directeur de Horticulture New Zealand. 
 
La Nouvelle-Zélande ne peut donc pas manquer de main d'oeuvre cet été. En outre, la semaine dernière, Wellington a annoncé l'arrivée de 1000 travailleurs saisonniers supplémentaires, venus de pays du Pacifique . 
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