Avenir de la Nouvelle-Calédonie : focus sur la monnaie et les transferts financiers de l’État

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À Paris, les discussions sur l’avenir institutionnel vont reprendre ce lundi, au ministère des Outre-mer. Plusieurs dossiers ont déjà été évoqués, parmi lesquels : la monnaie et les transferts financiers de l’État. 

La Nouvelle-Calédonie peut-elle se passer de l’argent de l’État? Au total, 180 milliards de francs CFP ont été alloués par l’État à la Nouvelle-Calédonie en 2020, soit 18% de notre PIB. La France, qui a beaucoup payé, ces dernières années. En dix ans, les dépenses de l’État ont en effet augmenté de plus de 23 milliards. 

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"Ce n'est pas essentiellement une question d'argent"

"Qu’est-ce qu’il y a dans ces 180 milliards? On nous dit que 120 d’entre eux servent au financement des services publics en Nouvelle-Calédonie, mais qu’est-ce que ça veut dire?" assurait la semaine dernière Gilbert Tyuienon, vice-président de l'Union Calédonienne. "Cela veut dire, la rémunération des fonctionnaires et dans ce cadre, on sait pertinemment que c’est par rapport à la qualité de fonctionnaire d’État. Nous, on peut dire que ce n’est pas de ça dont nous voulons. Ce n’est pas essentiellement une question d’argent, c’est une question de comment on voit la vie dans le pays."

L’argent, le nerf de la guerre, et des projets économiques diamétralement opposés, dans les deux camps. "La Nouvelle-Calédonie n’a absolument pas la capacité ni humaine, ni économique, ni sociale ou financière, de prendre en charge une indépendance", affirmait la semaine dernière Thierry Santa, président du gouvernement. 

En cas d'indépendance, des flux financiers caducs

Ce qui est certain, comme l’indique le document sur les implications du Oui et du Non, dans l’hypothèse d’une indépendance, les flux financiers de l’État seront caducs, sauf accord à négocier entre la France et le nouvel état.

"Ce qu’il se passe au lendemain d’un Oui ou d’un Non, je l’ai dit à Nouméa et je le redis ici [au ministère des Outre-mer]", déclarait jeudi dernier Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer. "Ce que je peux constater, c’est que ce dialogue à trois commence à produire des effets. Des non-dits sont levés et des ambiguïtés sont traitées et il y a un dialogue d'une grande franchise, d'une grande qualité".

La Nouvelle-Calédonie est-elle en mesure de compenser ses transferts et de payer les services publics, les prestations sociales ou encore l’enseignement? Quelles seraient les ressources fiscales et comment organiser la transition financière, en cas d’indépendance? Autant de questions abordées depuis mercredi dernier par les élus calédoniens, présents à Paris. 

Le point avec Sheïma Riahi :