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Le bambou gravé s'expose

Depuis début juin, une exposition consacré au bambou gravé est proposée au Centre culturel de Koné. Le public peut apprécier les œuvres de plusieurs artistes de la province Nord. Une exposition qui découle d’un long travail de résidence, mené par l’artiste, Paula Boa.

© Cédrick Wakahugnème
© Cédrick Wakahugnème
  • Cédrick Wakahugnème
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« Ce bambou gravé est l’œuvre d’un jeune homme de la région Xârâcùù ». Une œuvre unique posée sur un présentoir, entièrement recouverte de motifs abstraits et figuratifs, de l'artiste Meryl Thiaouayou, originaire de Canala. Paula Boa scrute la pièce dans les moindres détails, fascinée par le talent du jeune artiste et surtout l’esprit que dégage cet objet. « Il présente des personnages sur son bambou, de profil », indique l’artiste, « ce qui est intéressant dans le travail de Meryl, c’est que l’espace ne lui fait pas peur. Je ne connais pas ses dessins mais je suis sûre que ce jeune a un très bon coup de crayon », poursuit-elle.

Paula Boa milite pour la tradition

Cela fait 30 ans que Paula Boa se passionne pour la gravure sur bambou. Une artiste aux multiples casquettes, qui n’a pourtant jamais exposé ses œuvres. Un savoir-faire qui selon elle n’est pas la propriété d’une personne, mais des anciens. « J’ai toujours respecté cette tradition », assure l’artiste, « C’est une tradition précieuse. L’idée pour moi est que ce savoir-faire ne soit pas dans les musées de France et de Navarre. »

Conserver un savoir-faire ancestral

L’occasion pour Paula Boa de créer cet espace de réappropriation des savoirs d’antan aux côtés de jeunes artistes. Neuf d’entre eux ont participé à une résidence au Centre Culturel de Koné. Objectif : développer un véritable échange intergénérationnel. « On ne fait que reformuler quelque chose. Et dans cette reformulation, on conserve aussi une tradition », insiste Paul Boa, « les jeunes doivent conserver cette tradition pour qu’elle puisse se conserver dans le temps et la transmettre également. Beaucoup aujourd’hui, dans notre société kanak, ne connaissent pas trop cette pratique alors que depuis toujours, elle fait partie de notre tradition », renchérit-elle.

Une exposition unique et authentique

Plus d’une vingtaine d’objets sont présentés à travers cette exposition. Des bambous travaillés avec finesse et minutie, qui racontent non pas une mais des histoires, sur la vie du Kanak dans son environnement. L’exposition est visible au Centre Culturel de Koné jusqu’au 29 octobre dans la salle Astrid Ounine.

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