Calédoniens ailleurs : Damien Vincentelli, la force de croire en soi

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Calédoniens ailleurs : Damien Vincentelli, la force de croire en soi
Calédoniens ailleurs : Damien Vincentelli, la force de croire en soi ©DR
Nombre de nos compatriotes font le choix de quitter la Nouvelle-Calédonie. Études, recherche d’emploi, envie d’ailleurs, les raisons sont multiples. Mais qui sont ces Calédoniens qui tentent l’aventure ailleurs ? Cette semaine, Damien Vincentelli, manager dans le luxe.
 
Un cahier pour rêver. Un cahier pour croire et espérer. Est-ce de là que Damien tire sa force ? Certainement, mais c’est aussi grâce à sa pugnacité, sa confiance en soi et sa volonté de réussir. « Dans ce cahier, je formule mes envies, mes demandes. Le fait que j’écrive mes rêves les plus fous, inconsciemment, je les ai réalisés, en travaillant énormément. »

Cette détermination, le Nouméen la tient de ses parents. « Ils m’ont appris à avoir un objectif et à l’atteindre en le décomposant. Leur réussite m’a également poussée. » Son bac électrotechnique obtenu, Damien décide de rentrer directement sur le marché du travail. Le jeune homme enchaîne les petits boulots notamment dans le tourisme avant d’entendre parler du visa working holiday en Australie. A l’époque, celui-ci commençait à se démocratiser. La veille de ses 22 ans, en 2006, le Calédonien part pour Melbourne. Pendant un an, il apprend l’anglais en travaillant dans la restauration. « Mon grand-père avait un restaurant. J’ai toujours baigné dedans et j’aime cette ambiance de travail. » Un an plus tard, c’est le cœur lourd qu’il rentre au pays. « Mon patron voulait m’engager mais pour une question de papiers, cela ne s’est pas fait. » Damien entre au Méridien comme réceptionniste. « C’est comme cela que ma carrière dans l’hôtellerie a débuté. » Dès lors, le jeune homme n’a qu’une idée : « se former et repartir. » « Je voyais ce travail comme l’opportunité d’apprendre puis d’avoir la possibilité de bouger. » Surtout, à partir de là, Damien ne va cesser de se prouver qu’il peut aller plus loin, qu’il peut avancer toujours plus dans sa carrière.
 
Le Calédonien évolue dans l'hôtellerie de luxe depuis plus de douze ans
Le Calédonien évolue dans l'hôtellerie de luxe depuis plus de douze ans ©DR

En 2009, le voilà au Monte Carlo Bay à Monaco, embauché comme réceptionniste de nuit. « Une opportunité de fou pour moi. » Épaulé par son supérieur, Damien gravit les échelons jusqu’à devenir assistant responsable de nuit à la réception. Un poste à responsabilités. Deux ans plus tard, l’envie d’évoluer le reprend et le Nouméen intègre un autre palace de la Côte d’Azur, la Réserve de Beaulieu. « J’étais tournant de loge. Je dépendais du concierge. J’étais en gants blancs. J’ai passé l’étape supérieur du service à la personne. » Deux ans et demi plus tard, même réflexion et même conséquence. Voici Damien en poste à Dubaï au sein du prestigieux JW Marriott Marquis au service relation clientèle. Si la promotion est belle, la réalité est plus dure. « Je me suis fait avoir sur mon contrat de travail. Au final je suis resté six mois. Ce fut une bonne expérience professionnelle et une grosse leçon de vie. » Retour alors en Nouvelle-Calédonie pour Damien. En 2013, le jeune homme est assistant chef de réception au Méridien. Grâce à son expérience, le Calédonien apporte nouveautés et vision à l’international. Quatre ans plus tard, dix ans après avoir débuté dans le métier, l’opportunité de revenir en Australie se présente. En mai 2017, Damien et son épouse partent pour Sydney. Elle comme directrice de nuit au Sheraton, lui comme directeur de nuit au West In. « Revenir travailler en Australie, c’était un rêve qui se réalisait. Un accomplissement. L’aboutissement de dix ans d’efforts, de sacrifices. J’ai réalisé quels efforts il faut faire pour atteindre ses objectifs. »
 
Damien est DJ amateur depuis de nombreuses années
Damien est DJ amateur depuis de nombreuses années ©DR

Épanoui dans son travail mais désireux d’aller toujours de l’avant, ce DJ amateur se lance un nouveau défi. Lui qui rêvait de devenir concierge – « en étant le maître des clés, on peut tout faire » - obtient un poste au sein d’une marque de voitures de luxe, Genesis (Hyundai). Son savoir-faire made in France et ses compétences font mouche et il devient rapidement assistant manager. En novembre 2019, leurs contrats respectifs prenant fin, Damien et sa femme décident de repartir à l’aventure. Le couple choisit de prendre une année sabbatique -notamment à cause de la pandémie de coronavirus – et se trouve actuellement en Europe. Damien a repris son petit cahier pour y noter de nouveaux rêves, pour se fixer de nouveaux objectifs. Le Calédonien de 35 ans souhaite trouver un poste de responsable dans un département de luxe, dans l’hôtellerie ou ailleurs, tout en combinant ses passions, les voyages et la musique. « J’adore être en dehors de ma zone de confort. »
 
par ambre@lefeivre.com 
A quelques semaines du second référendum, Damien partage ses réflexions sur le destin commun
« Pendant mes voyages, j’ai rencontré des Calédoniens. J’ai constaté que le destin commun de la Nouvelle-Calédonie se faisait à l’étranger et pas forcément sur place. C’est-à-dire que quand tu es mélangé avec des gens en Nouvelle-Calédonie, tu n’as pas de recul alors que quand tu croises un Calédonien à l’étranger, tu fais abstraction totale de ses origines. En Nouvelle-Calédonie, tu ne lui aurait pas forcément parlé. Alors qu’à l’étranger, tu vas aller vers lui. Ma conclusion est qu’il faut partir pour mieux revenir. »
 
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