Chasse et pêche interdites : les Calédoniens mécontents

coronavirus
Chasse
Des chasseurs à Touho. Photo d'archive ©Marguerite Poigoune
Le sujet de l’interdiction de pêche et de chasse en cette période de confinement alimente les conversations ces derniers jours et a envahi les médias et réseaux sociaux. Pourquoi ne pas assouplir la mesure par  une dérogation par exemple ? Respect du confinement répondent les autorités.
Les pêcheurs professionnels ne sont pas concernés. Mais une partie des habitants de la brousse et des iles se considèrent lésés, car ils effectuent selon eux une activité de subsistance. En clair, ils pêchent ou ils chassent pour manger.
 

Des activités nécessaires pour se nourrir

« Nous sommes solidaires pour être confinés. Mais quand on est dans les tribus au bord de mer, il faut bien jeter un coup de filet, parce que tout le monde n’a pas les moyens d’aller dans les magasins pour s’acheter un poulet ou une boîte de viande » se plaignait cette auditrice sur notre antenne radio. 
« Nous, on a nos traditions à nous, nos petits coups de chasse, nos petits coups de pêche » renchérissait un autre. 
Une pétition est en ligne pour demander l’autorisation de la pêche et de la chasse. 
Sur la côte Est, Marguerite Poigoune a recueilli les réactions des habitants mécontents. Pour eux, ces activités sont nécessaires pour leur alimentation. 

Chasse et pêche micro trot

Pêcheur Mont Dore
La pêche, en mer ou en bord de mer est interdite ©Françoise Tromeur
 

Respecter les règles du confinement

Des arguments qu’entend la Fédération de la faune et de la chasse de Nouvelle-Calédonie qui compte 4 000 adhérents, mais force doit rester à la lutte contre la propagation du Covid-19.
«  De toute façon, si on respecte ce confinement, on s’en sortira plus vite. Si on ne le respecte pas, on risque peut être l’épidémie, et ça va durer encore plus longtemps » explique Pierre Aubé, le président de la fédération. « Bien sûr, je compatis pour les chasseurs et les pêcheurs. Je sais que ça gêne ».  
Lors de la conférence de presse du gouvernement, le porte-parole Christopher Gygès a en premier lieu rappelé les règles de confinement avant d’apporter les premiers éléments de réponse. « Chacun doit comprendre que la situation est compliquée et que ça impose quelques sacrifices qui ne sont pas toujours joyeux. A l’heure actuelle, il n’est pas prévu de dérogation pour ces personnes là. »
Même son de cloche du côté du haut-commissariat, et là, le ton est catégorique, pas de dérogation, ni d’amélioration des dispositions de l’arrêté. 
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