Covid-19 : que retenir de la mission d'information déclenchée par le Congrès ? 

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Coronavirus, séance de la commission permanente du Congrès, 11 avril 2020
La commission permanente du Congrès en pleine crise Covid-19, le 11 avril 2020. ©Congrès NC

Créée au début de la crise Covid-19 en Nouvelle-Calédonie, en mars 2020, la mission d’information dédiée à la pandémie par le Congrès a diffusé son premier rapport au deuxième trimestre 2021. 

Le 18 mars 2020, le Caillou affrontait ses premiers cas de Covid-19. Le 20, place à la "mission d’information du Congrès sur la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l’épidémie" en Calédonie. C'est du moins ce qu'indique le rapport diffusé quatorze mois après, et consultable sur le site internet de l'institution

  • Elle veillait à la gestion de la crise

Cette mission, c'est une entité qui a vocation à être temporaire. Ses débats portent sur le seul thème de la pandémie, et de sa gestion locale par le gouvernement ainsi que l’Etat. Son but ? Tirer des enseignements, répond le Congrès, "l’analyse de la gestion locale de cette crise par les autorités offrant, notamment, l’opportunité de clarifier le partage des compétences entre elles". Et pour l'institution du boulevard Vauban, cette mission "a permis une sorte de rééquilibrage parlementaire dans les relations inter-institutionnelles calédoniennes (notamment avec le gouvernement)".

  • Elle s’est réunie 26 fois

Entre le 8 avril (début officiel des travaux) et le 31 décembre 2020, on décompte 26 séances (à huis clos) de cette mission, dont quasiment deux par semaine jusqu'en juillet, quand le confinement n'a plus été d'actualité. Le rapport évoque "de nombreuses auditions".

Par exemple avec des experts, des acteurs économiques (KNS, SLN, Vale ou Aircalin), des associations (de la Croix-Rouge à la CCI ne passant par l'UFC-Que choisir et l'UGPE). Mais aussi les services [de la Nouvelle-Calédonie], le président du gouvernement alors en quatorzaine, le membre en charge des relations avec le Congrès, ainsi que le haussaire. 

  • Elle compte une vingtaine de membres

La mission comprend le bureau du Congrès, c'est-à-dire le président, ses huit vice-présidents, les deux secrétaires, et les deux questeurs. Mais aussi les présidents de groupes et formations politiques, de la commission permanente,ouet de la commission santé et protection sociale. 

A ce jour, et par ordre alphabétique, il s'agit de : Jean Creugnet, Veylma Falaeo, Nadia Heo, Isabelle Kaloi-Bearune, Kadrié Kuisine-Wright, Nadine Jalabert, Louis Mapou, Caroline Machoro-Reignier, Nicolas Metzdorf, Philippe Michel, Sylvain Pabouty, Annie Qaeze, Virginie Ruffenach, Alesio Saliga, Ithupane Tieoue, Pierre-Chanel Tutugoro, Laura Vendegou, Roch Wamytan et Naïa Wateou.

  • Elle émet quatre recommandations

La mission d'information Covid-19 créée par le Congrès émet quatre recommandations, dans son rapport. La première consiste à "pérenniser et structurer le dialogue constructif entre toutes les institutions du pays et l’Etat dans le cadre de la gestion des crises majeures".

La deuxième recommandation s'inscrit dans le sillage : "améliorer et structurer la relation bilatérale et complémentaire entre le Congrès et le gouvernement, pour permettre une diffusion plus fluide en période de crise. Et prévenir ainsi toute perturbation des travaux de l’assemblée parlementaire notamment quand celle-ci, pour des contraintes liées, par exemple, à l’application des protocoles sanitaires, fonctionne en mode dégradé." 

Troisième conseil, "adapter le fonctionnement du Congrès et prévoir un format hybride/virtuel en cas de crise majeure laissant une plus large place à l’utilisation des outils numériques (à l’instar d’autres parlements dans le monde et dans la région Pacifique Sud)". 

Enfin, la mission préconise de "poursuivre les activités d’information des citoyens calédoniens en structurant son activité et en l’adaptant si besoin"

  • Elle a des regrets

Au fil du rapport, la mission d'information regrette "que certains membres du gouvernement, dont la participation était requise, n’ont participé aux travaux que de façon irrégulière et n’ont pas toujours mis à la disposition l’ensemble des éléments (notamment d’ordre budgétaire) demandés par les conseillers".

Dans d’autres cas, déplore-t-elle, "ils ont délivré des réponses pas très claires (voire parfois contradictoires)".

Autre regret formulé : "que certaines personnes (notamment les membres du groupe d'experts dont s'est entouré le président dans le cadre de la gestion de la crise sanitaire) n’aient pas souhaité être auditionnées".

Elle relève aussi que "le ralentissement des flux d’information du gouvernement vers le Congrès a entraîné une suspension temporaire des travaux de la mission, qui ne s’est pas réunie entre le 6 juillet et le 27 novembre". 

  • Elle existe toujours

Selon le Congrès, sa mission d'information Covid-19 a continué à mener des travaux en 2021 et entend le faire "jusqu’à la fin de la crise sanitaire, en permettant ainsi aux [conseillers] d’exprimer un regard critique et/ou constructif vis-à-vis de la gestion de crise".