Déclenchement du troisième référendum : les réactions des acteurs politiques calédoniens

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Le troisième référendum aura lieu avant octobre 2022. Les indépendantistes ont déposé hier une demande formelle d’organisation du scrutin sur le bureau du congrès. Les réactions ne se sont pas fait attendre.

Dès le lendemain du référendum du 4 octobre dernier, les indépendantistes avaient indiqué vouloir déclencher dès que possible la troisième consultation, prévue par l’accord de Nouméa. Une volonté confirmée lors des différents congrès du FLNKS et de ses composantes. Le texte déposé au congrès a été signé conjointement par l’UC et l’UNI soit 25 élus, 7 de plus que les 18 signatures nécessaires selon la loi organique. De Paris à Nouméa, les différentes personnalités politiques ont réagi à cette annonce.

L'Etat prend acte

Le ministre des Outre-mer a pris acte de cette demande dans un communiqué. "Les préparatifs débuteront prochainement" assure-t-il en précisant que les conséquences du Oui et du Non doivent être approfondies." C’est dans cette optique, dit-il qu’une invitation a été lancée aux diverses sensibilités politiques calédoniennes pour une réunion de travail qui aura lieu du 25 mai au 3 juin prochain à Paris. Il faudra parler des conséquences du oui et du non mais aussi de la date du scrutin. Car si l’Etat a 18 mois pour organiser le référendum soit jusqu’en octobre 2022, la coalition Les Loyalistes a fait savoir dès hier soir, tout comme, le mouvement Générations NC qu’elle souhaitait qu’il ait lieu avant la fin de l’année.

L’Etat appelle "à l'engagement de tous pour que la campagne référendaire soit sereine, respectueuse et constructive. Le comité des sages, dont la mission a été renouvelée en octobre, pourra y contribuer ainsi que toutes les autorités politiques, économiques, sociales, religieuses et morales du territoire"

Rendez-vous avant la fin de l’année pour les non-indépendantistes

C'est via les réseaux sociaux, que Générations NC s'est exprimé, par la biais de l'élue Nina Julié. Pour le mouvement, les Calédoniens "n’en peuvent plus de vivre dans l’incertitude". Nina Julié indique que cette nouvelle échéance est mauvaise "pour l’économie et pour le vivre ensemble. Tous les sujets deviennent des prétextes d’affrontements politiques dont certains se sont traduits par des affrontements violents sur le terrain."


Pour Les Loyalistes, il ne faut pas que "la campagne référendaire et la campagne pour la présidentielle 2022 ne se chevauchent". Par ailleurs, le mouvement est très critique envers les indépendantistes qui dit-il "par idéologie […] se sont donc refusés à prendre en compte les initiatives de l’Etat et les propositions des partis non-indépendantistes, destinées à trouver une alternative pacifique et construite, ensemble, à un troisième référendum binaire" dans une "volonté irresponsable d’opposer les Calédoniens." Enfin, Les Loyalistes "alerter l’État sur un risque majeur, mais réel, de retour aux affrontements, en organisant un troisième référendum. Rappelons-nous en effet dans quelles conditions de violences et d’intimidation s’est déroulée le deuxième référendum dans certains bureaux de vote."


Virginie Ruffenach, du groupe l'Avenir en Confiance, souhaite également que le troisième référendum se passe "le plus tôt possible, pour sortir de cet Accord de Nouméa, qui est à bout de souffle"

Virginie Ruffenach, Avenir en confiance


De son côté, Calédonie ensemble, par la voix du député Philippe Dunoyer, dit être dans l'attente de "comprendre les réelles intentions de cette demande". Le choix est de laisser le bénéfice du doute aux indépendantistes quant à la philosophie de ce référendum.

Philippe Dunoyer, Calédonie ensemble


Les indépendantistes : une démarche commune 

Les indépendantistes, eux, soulignent une démarche de demande commune entre UC et UNI mais reste encore à trouver un accord sur la période. Si l’UNI se verrait voter déjà d’ici la fin de l’année, l’UC aimerait se donner plus de temps et parle plutôt de fin 2022, l’occasion de préparer au mieux la campagne et de régler aussi l’autre gros désaccord entre Union Calédonienne et Uni : celui de la mise en place du 17ème gouvernement.

Daniel Goa, Union Calédonienne