"Le dialogue est plus que jamais nécessaire" : Jean Castex invite les acteurs politiques calédoniens à Paris 

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Jean Castex
©France Télévision

Le Premier ministre a écrit aux différents acteurs politiques et institutionnels calédoniens, pour les convier à Paris du 25 mai au 3 juin. Objectif : échanger sur les enjeux de "toute nature" qui touche la Nouvelle-Calédonie alors qu'un troisième référendum peut être déclenché à tout moment.

Une première depuis sa prise de fonction en juillet 2020. Le Premier ministre, Jean Castex, a envoyé une lettre aux acteurs politiques et institutionnels calédoniens, mardi 6 avril, pour les convier à une "session d'échanges et de travail" du 25 mai au 3 juin à Paris.

Objectif du gouvernement : engager un dialogue "plus que jamais nécessaire" alors que le troisième référendum peut être déclenché à tout moment par un tiers des élus du congrès. Reste à savoir sous quel format cette nouvelle rencontre parisienne se tiendra et qui est exactement invité dans la capitale. 

"Tisser de nouvelles relations avec la France"

Prudent, Jean Castex indique dans cette lettre que NC La 1ère a pu consulter, avoir chargé Sébastien Lecornu d’en déterminer le format, les thématiques et les conditions d’organisation. Le ministre des Outre-mer a indiqué mercredi, sur les réseaux sociaux, consulter l’ensemble des acteurs concernés.

 

De son côté Calédonie Ensemble se réjouit de cette invitation, car ce retour des discussions sur l’Avenir institutionnel est plus que bénéfique pour le parti de Philippe Gomes. "C’est le retour de l’État au plus haut niveau, lance Philippe Dunoyer, député de la première circonscription de la Nouvelle-Calédonie. Travailler sous les auspices du président de la République, c’est une perspective que l’on salue. C’est le retour aussi d’une perspective de sortie d’un référendum binaire."

Philippe Dunoyer, député de la première circonscription de la Nouvelle-Calédonie

 

À Paris, Daniel GOA, le leader de l’Union Calédonienne entend interpeller l’État sur le document de l’implication du "Oui" et du "Non ". Un document "qui va nous permettre de regarder de ce dont on discute en temps de oui et en temps de non". "Nous avons demandé la bilatérale avec l’État, c’est pour discuter de la période de transition et préparer le travail, pour tisser de nouvelles relations avec la France", précise Daniel Goa.  

Daniel GOA, leader de l’Union Calédonienne


Tout comme l'UC, Victor Tutugoro veut du concret. "L'idéal ce serait d'avoir les documents et tout ce qui va avec en amont, qu'on puisse l'étudier ici avant de partir" précise l'homme politique de l'UNI.
 

Victor Tutugoro

 

Le reportage de Dave Waheo-Hnasson et Nicolas Fasquel :

 

Le Comité des signataires sur la touche ?

Reste une incertitude : qui sera convié à ce rendez-vous ? Ce qui est certain c’est que le Comité des signataires, rendez-vous incontournable de la vie politique calédonienne depuis plus de vingt ans, n’est pas cité une seule fois par le Premier ministre dans sa lettre. Le comité ne s’est d’ailleurs pas réuni depuis octobre 2019, contre une voire deux fois par an auparavant.

Plusieurs explications sont possibles : la crise sanitaire a bousculé l’agenda politique, mais ce n’est pas non plus ce format choisi par Sébastien Lecornu, lors de sa visite sur le territoire en fin d’année dernière, pour discuter avec les forces politiques du pays. 

Le ministre de l'Outre-mer lui avait alors préféré un nouveau groupe, baptisé Leprédour, du nom du lieu de sa première réunion, sur la commune de Boulouparis. Ce groupe est composé de cinq leaders indépendantistes et de cinq non-indépendantistes. Un format beaucoup plus resserré que celui du comité des signataires qui s’est étoffé au fil des années pour atteindre la trentaine de participants.

Dans les coulisses de l'Etat, on estime que ce nombre pléthorique de participants rendrait la discussion quasiment impossible… Une désaffection accentuée par une réalité très prosaïque : les leaders d’hier, membres de droit parce que signataires des différents accords, ne sont pour beaucoup plus ceux d’aujourd’hui. 

La lettre du Premier ministre à lire ici.