Sébastien Lecornu achève sa longue visite en Nouvelle-Calédonie, que peut-on en retenir ?

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Sébastien Lecornu ministre des Outre-mer invité du JT de NC la 1ere
Avant son départ, Sébastien Lecornu dans les locaux de NC la 1ere. ©Ambre Lefeivre / NC la 1ere
Fin d'une visite inédite, pour le ministre des Outre-mer. Ouverte par une quatorzaine à son arrivée en Nouvelle-Calédonie, elle a été marquée par quelques moments forts, comme la séquence dédiée au dialogue sur l'îlot Leprédour. Entretien avec Sébastien Lecornu, synthèse de son séjour et réactions. 
Après plus de trois semaines en Nouvelle-Calédonie, Sébastien Lecornu s'envolait pour l'Hexagone durant la nuit de samedi à dimanche. Que retenir de ce passage inédit d'un ministre des Outre-mer ? 

 

Une entame classique

D'abord la séquence de la quatorzaine obligatoire, bien sûr. Une fois son confinement terminé, c’est sous des auspices très classiques que Sébastien Lecornu a entamé sa visite à proprement parler : rencontres avec le gouvernement local, le Comité des sages ou encore dépôt de gerbes sur la tombe de Jacques Lafleur et celle de Jean-Marie Tjibaou. Le ministre est aussi allé à la rencontre des jeunes du RSMA à Koumac, ou du monde économique à Lifou et La Foa.
  

Temps forts à Nouméa et Boulouparis

Il a fallu attendre la toute dernière ligne droite pour voir enfin émerger deux temps forts :
  • la création à Nouméa d’une place de la Paix rendant hommage à la poignée de main entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur ;
  • et surtout cette séquence politique inhabituelle jeudi, réunissant sur l’îlot Leprédour cinq leaders indépendantistes et cinq personnalités loyalistes, autour du ministre.

Dans la discrétion 

A quoi ces discussions ont elles abouti ? L’Etat souhaite-t-il prendre ses distances avec le format – jugé par certains obsolète – du Comité des signataires ? Difficile à dire, chacun, y compris le ministre, se réfugiant pour le moment derrière la confidentialité des échanges.

Une synthèse de Charlotte Mannevy :
©nouvellecaledonie
 

«J'ai assumé de rompre avec des habitudes»

Invité du journal télévisé samedi soir, sur Nouvelle-Calédonie la 1ere, Sébastien Lecornu est revenu sur ces temps forts. «Je pense que les trois parties historiques à cet accord politique et au processus que l'on connaît depuis de nombreuses années se sont retrouvées, là où les deux campagnes référendaires, et singulièrement la dernière avaient pu créer de la distance», estime-t-il. 
«J'ai assumé de rompre avec des habitudes», ajoute le ministre. «Et j'ai essayé à ma manière de faire différemment. Il faut dire que la quatorzaine sanitaire m'aidait à le faire.»
 

Il y a eu une journée, politique, qui m'a conduit à reporter mon départ, pour bien m'assurer qu'on avait recousu les fils du dialogue. Mais pas le dialogue pour le dialogue. On n'est pas là que pour parler mais surtout pour avoir une méthode politique pour les six mois qui viennent.

Sébastien Lecornu

 

«Six mois utiles»

Et de se montrer rassurant quant au contenu des échanges à Leprédour. «La confidentialité, ce n'est pas le secret vis-à-vis des habitants et des électeurs», souligne Sébastien Lecornu. «C'est juste que si on veut se parler et faire preuve de dépassement […], il faut savoir se taire le moment de la discussion.» 
Selon Sébastien Lecornu, «on a six mois utiles dans [lesquels], au fond, on n'a rien de mieux à faire que de travailler dans l'intérêt de la Nouvelle-Calédonie. De tirer les conclusions du second référendum.»
 

«Travailler sur le Oui et le Non»

Mais aussi de questionner : «On n'a jamais vraiment travaillé sur le Oui et le Non. Qu'est-ce que ça veut dire d'être indépendantiste en 2020 ? […] C'est quoi la souveraineté ? […] Et puis c'est quoi être Français ? […] La réalité, c'est qu'on rentre dans le dur.»
 

Kanaky indépendante, c'est quel pays ? Démocratie ? Pas démocratie ? Séparation des pouvoirs ? Pas séparation des pouvoirs ? Liberté de la presse, pas liberté de la presse ? Ça va compter. On ne peut pas dire que la France entretiendra toujours une relation privilégiée avec une Kanaky indépendante si nous, on ne sait pas quel [en] est l'état politique.


Un premier échange avec Yvan Avril à visionner ci-dessous : 
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Réactions politiques

Certains étaient invités sur l'îlot Leprédour, d'autres pas : nous avons recueilli différentes réactions politiques à cette visite ministérielle en lien immédiat avec le référendum du 4 octobre et l'avenir de la Calédonie. Celles de :
  • Sonia Backès, présidente des Républicains calédoniens;
  • Virginie Ruffenach, secrétaire générale du Rassemblement-Les Républicains;
  • et Daniel Goa, président de l'Union calédonienne.
Par Coralie Cochin, Stéphane Chenais et Ondine Moyatea : 
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Place de la Paix

Dans un deuxième temps de cet entretien au JT, le ministre des Outre-mer s'est attardé sur le sens de la poignée de main, et le projet de place de la Paix à Nouméa.
 

L'Histoire est beaucoup plus complexe que le camp du Oui et le camp du Non. La notion de Oui et de Non, c'est une réponse qui ne doit pas enfermer la Nouvelle-Calédonie. Et la poignée de main vient desserrer les deux blocs.

 

«Le pari de Leprédour»

Sébastien Lecornu poursuit sur le «pari de Leprédour», avec ses dix participants triés sur le volet quitte à fâcher. «On n'est pas là pour confisquer le débat», assure-t-il. «Ce n'est pas un comité. C'est une tablée de gens qui prennent leurs responsabilités. En revanche, la démocratie, ça existe. Il y un Congrès, il y a des parlementaires, il y a encore des élections devant nous.» Et de promettre d'associer aux réflexions sur l'avenir maires, conseils municipaux, autorités coutumières, et société civile. 
 

C'est un dossier très politique mais il ne faut pas non plus qu'il n'appartienne qu'aux seul politiques. Même si les élus sont détenteurs d'une légitimité qui leur prendra de décider en dernier recours et dans la dernière ligne droite.


Deuxième partie de l'interview à regarder ici :
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Sous le signe du nickel

Autre caractéristique de cette visite ministérielle, elle coïncidait avec les fortes inquiétudes autour de la cession de l'usine du Sud. Sans repreneur au samedi 31 octobre, Vale avait évoqué sa mise en sommeil progressive. Vendredi, des milliers de personnes étaient dans la rue pour défendre le projet de reprise porté par Korea Zinc et la Sofinor, interpellant officiellement le ministre.

Le point de Charlotte Mannevy : 
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La réaction de Sébastien Lecornu à cette problématique du nickel et de l'usine du Sud :
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Ecoutez également la synthèse radio d’Anne-Claire Lévêque : 

Bilan de la visite ministérielle

 
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