La situation critique de la SLN début 2021 malgré des avancées majeures du plan de sauvetage

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Dossier usine du Sud, accès bloqué à la SLN à Doniambo, 2 décembre 2020
Le 2 décembre 2020 l'accès à l'usine SLN de Doniambo a été bloqué. ©Françoise Tromeur / NC la 1ere

A la suite des blocages miniers en date du 2 décembre liés au conflit de l'usine du Sud, Eramet et sa filiale calédonienne, la SLN craignent une procédure collective dans les deux prochaines semaines. Une situation dite "catastrophique" s'alarme la direction de la SLN. 

 

En atteignant en septembre sa norme annuelle de production, 4 millions de tonnes, la SLN était parvenue à réduire son endettement de 5 milliards CFP. Un constat encourageant que relaie, Eramet dans un communiqué publié ce mardi soir, assurant que le plan de sauvetage est pleinement efficace au 2ème semestre 2020. 

Au 2ème semestre 2020, les performances de la Société Le Nickel (« SLN »),

notamment l’amélioration des coûts de production, démontrent que

le plan de sauvetage,

qui vise le redressement durable de la filiale calédonienne du Groupe,

est pleinement efficace dans des conditions normales d’exploitation.

Eramet

 

Procédure de sauvegarde : « une catastrophe »

La SLN appelle à un retour à la normale immédiat de l’ensemble des activités minières et métallurgiques. Si telle n’est pas le cas, sa crainte ? Devoir enclencher dans les deux semaines à venir, une procédure collective de sauvegarde.
Les répercussions seraient catastrophiques pour l’entreprise qui pèse près de 2500 emplois directs et 8000 induits.
Et pour le territoire également qui profite chaque année de 40 milliards de retombées sous forme de taxes, traitances et cotisations.

Victime collatérale d’un conflit local. Or la dégradation de l’activité liée au conflit de l’usine du Sud a fortement fragilisé l'outil SLN. Dans son communiqué, Eramet, précise que sa filiale calédonienne « est contrainte d’ajuster au jour le jour ses activités minières et métallurgiques en fonction des perturbations sur mines qui affectent également le chargement des navires de minerai.
Cette marche très dégradée met en danger les fours de l’usine et pèse financièrement sur l’entreprise. Les avancées significatives du plan de sauvetage pourraient être anéanties

La situation de la SLN est devenue très critique

car l’ensemble de ses centres miniers subit des blocages perlés depuis plusieurs semaines.

L’entreprise est en effet la victime collatérale d’un conflit local,

lié à la situation de Vale Nouvelle-Calédonie,

dont elle n’est pas partie prenante.

Eramet

 

Cette position est critique à court terme, mais aussi à long terme pour la réussite du plan de sauvetage lancé en septembre. Ce plan doit être complété par un protocole d’accord. Une conciliation qui pour l’heure ne peut être engagée  avec la limitation du roulage à Thio, l’incendie du convoyeur/serpentine de Kouaoua et les blocages en décembre qui ont impacté l’assemblage des minerais. La SLN reste extrêmement endettée. Elle est revenue à la case départ du mois d’août.

Deux prochaines semaines décisives

Dans ce contexte, informe le groupe minier et métallurgique, « la SLN qui est actuellement en procédure de mandat ad hoc, va solliciter dans les prochains jours une procédure de conciliation auprès du président du Tribunal de Commerce mixte de Nouméa. La société ne peut exclure, en cas de dégradation de sa situation, l’ouverture d’une procédure collective qui pourrait intervenir dans les prochaines semaines

L’engagement de l’ensemble des parties prenantes concernées est urgent

afin de permettre le retour à un fonctionnement normal

et la poursuite de la bonne mise en œuvre du plan de sauvetage.

Eramet

 

Pour rappel,le plan de sauvetage de la SLN repose sur trois axes :

  • la mise en place effective d’un nouveau modèle économique qui s’appuie sur la production de ferronickel de l’usine et les exports de minerais à faible teneur,
  • l’amélioration de la productivité et
  • la réduction du prix de l’énergie.

Vers un retour de la compétitivité des mineurs et des métallurgistes calédoniens

Dans un communiqué, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie annonce que deux projets de loi du pays ont été arrêté. Ils permettent la création respectivement une redevance à l’extraction et une taxe à l’exportation.

Redevance minière et taxe à l'exportation : deux projets de loi
L’objectif poursuivi est de valoriser au mieux les ressources minières, notamment les résidus stockés et non valorisables localement. Charge aux élus du congrès de valider ses deux projets de loi de pays. Les discussions politiques s'annoncent intéressantes.
Le communiqué du gouvernement précise que :

  • cette redevance à l’extraction serait reversée aux communes minières et au budget de répartition de la Nouvelle-Calédonie, qui regroupe les crédits dédiés au financement des collectivités territoriales (provinces et communes).
  • La taxe à l’exportation, calculée sur la valeur commerciale du minerai exporté, serait reversée au Fonds Nickel, qui le dédie à un Fonds pour les générations futures.
  • Les modalités de calcul et de perception de ces taxes seront débattues à la suite du cycle de travail incluant l’ensemble des parties prenantes du secteur du nickel calédonien baptisé Nickel.Nc (Un Nouveau Nickel pour un Nouveau Monde).

Autorisations d'exportation pour NKM et SMT
Ce mardi, le gouvernement a par ailleurs autorisé deux sociétés calédoniennes à exporter du minerai (renouvellements d’autorisation d’exportation) :

  • la société Maï Kouaoua Mines (MKM) est autorisée, pour une durée de cinq ans (contre deux ans auparavant), à exporter du minerai de basse teneur en nickel à destination de la Chine. Cette autorisation est accordée pour un tonnage annuel maximal de 385 000 tonnes humides de minerai, dont les teneurs sur sec sont inférieures ou égale à 1,8 % en nickel par cargaison, et inférieures ou égales à 1,7 % en nickel en moyenne annuelle.
  • la Société des Mines de la Tontouta (SMT) est autorisée à céder du minerai de basse teneur en nickel à destination de la Chine. Cette autorisation est accordée pour une durée de cinq ans (contre deux ans auparavant) à compter de la date de notification du présent arrêté, pour un tonnage annuel maximal de 950 000 tonnes humides de minerai dont les teneurs sur sec sont inférieures ou égales à 1,8 % en nickel par cargaison, et inférieures ou égales à 1,7 % en nickel en moyenne annuelle.

Le groupe minier et métallurgique Eramet rappelle qu'une demande d’autorisation d’exporter 2 Mt de minerai de nickel supplémentaires par an a été déposée à ce titre auprès du gouvernement de Nouvelle-Calédonie et est toujours en attente d’un vote. Eramet rappelle, par ailleurs, concernant l’énergie, que la baisse significative du coût de l’électricité devrait être rendue possible grâce à une nouvelle centrale pour laquelle un appel d'offres a été dûment engagé, avec des offres attendues pour février.

reportage Martin Charmasson et Laurent Corsi

 

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