Des perspectives positives s’ouvrent pour le nickel et la Nouvelle-Calédonie, estime Denise Fisher (East Asia Forum)

transition énergétique
NICKEL, accord politique sur la cession de l'usine du Sud, Roch Wamytan et Sonia Backès, 4 mars 2021
Roch Wamytan, président indépendantiste du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, et Sonia Backès, présidente loyaliste de la province Sud. La photo illustre l'article publié dans la revue East Asia Forum. ©Delphine Mayeur / Hans Lucas via l'AFP

C'est une analyse positive de la situation en Nouvelle-Calédonie. Et elle compte. Le point de vue de l’ancienne Consule générale d’Australie à Nouméa, aujourd’hui consultante et universitaire, a été publié il y a quelques jours dans la revue internationale East Asia Forum.

Denise Fisher décrypte, pour les élites économiques mondialisées, la singularité et le caractère innovant de l’accord politique, conclu le 4 mars dernier en Nouvelle-Calédonie, pour l’Usine du Sud. Elle est aujourd’hui chercheuse, et collabore au Center for European Studies et à l’Australian National University.

NICKEL
Une de la revue internationale East Asia Forum ©EAF


L’East Asia Forum est une plate-forme de réflexion et d’analyse, un "think-tank" ouvert aux contributions des meilleurs spécialistes en géopolitique. "En bonne connaisseuse de la Nouvelle-Calédonie, l’analyse de Denise Fisher est toujours avisée et respectée" commente Bastien Vandendyck, expert en géostratégie de la zone IndoPacifique.

Dire les choses simplement, pour mieux faire découvrir la Nouvelle-Calédonie, et rassurer les marchés financiers ? L’analyse de Denise Fisher, même si ce n’est pas officiellement le but recherché, devrait y contribuer. A peine publié, le texte a circulé, de Londres à Shanghai en passant par Sydney, dans le milieu des investisseurs mondiaux du secteur des matières premières.

Le contenu à une valeur pédagogique. Il est destiné aussi aux analystes et aux journalistes de la finance. Pour la plupart, ils n’ont eu comme vision des choses que les images des tensions survenues en décembre autour de la reprise de l’usine de nickel de Vale. "Nous sommes au courant ici à Londres de l’accord politique et du redémarrage (restart) de l’Usine du Sud. Tout le monde semble s’en réjouir. Denise Fisher contribue à une meilleure compréhension " a réagi Jim Lennon, analyste et grand gourou du nickel à Londres.

Si Denise Fisher souligne le caractère original et novateur de l’accord politique permettant la relance du grand site industriel, elle explique et approfondit un cadre plus large, celui des institutions calédoniennes et des forces politiques et associatives en présence. "La résolution de divergences majeures sur la gestion des ressources en nickel de la Nouvelle-Calédonie ouvre la voie à une approche plus collaborative pour l'avenir (…) les partis indépendantistes et loyalistes sont parvenus à un accord" rappelle Madame Fisher qui détaille le contenu et la solution "novatrice" trouvée par les Calédoniens eux-mêmes, avec le soutien de la France.

Pour l’ancienne Consule générale d’Australie à Nouméa, l'accord est essentiel pour plusieurs raisons, voir ici son texte publié en anglais dans East Asia Forum.

 Pour l’essentiel estime Madame Fisher, "l'accord (pour l’Usine du Sud) est un ingrédient vital pour un avenir pacifique, car il répond aux préoccupations des peuples autochtones quant au contrôle local des précieuses ressources naturelles de la Nouvelle-Calédonie"

Et puis, alors que les banques, les industriels et les fonds d’investissement mondiaux sont de plus en plus sensibles aux arguments environnementaux, sous la pression des ONG : "L'engagement de Tesla (…) crée un lien avec un industriel américain de premier plan, également actif dans l'industrie européenne des véhicules électriques, ce qui diluera la dépendance de l'industrie du nickel de la Nouvelle-Calédonie à l'égard de la Chine".

Enfin, "ce succès souligne la nécessité de commencer un travail sérieux et détaillé de réconciliation des intérêts de toutes les parties (…) pour un avenir pacifique " conclut Denise Fisher.

En tout cas, les investisseurs ont bien reçu le message. La Nouvelle-Calédonie est toujours favorable aux entreprises responsables et aux investissements durables, notamment dans le secteur du nickel, à condition qu’ils respectent le triptyque écologique, économique et social du Territoire.

Cours du nickel au LME de Londres le 22/03/2021en soirée : 16.450 dollars/tonne +1,15 %

VALE
Usine du Sud (Goro Resources) en Nouvelle-Calédonie. Du nickel et du cobalt pour la transition énergétique. ©AFP

 

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