Développement durable, économie, social : Séverine Blaise, économiste, invitée de la matinale

invités de la rédac
Severine Blaise économiste IDLM
Séverine Blaise, économiste, maître de conférences à l’Université de la Nouvelle-Calédonie. ©NC la 1ère
Séverine Blaise, économiste, maître de conférences à l’université de la Nouvelle-Calédonie, était l’invitée de la matinale radio du vendredi 1er juillet. Depuis une dizaine d’années, elle consacre ses recherches et ses écrits à la problématique du développement durable en Océanie.

Depuis plusieurs années, le monde fait face à une succession d’évènements climatiques extrêmes. Les pays de l’Océanie n’y échappent pas. Ils s’efforcent de mettre en œuvre des stratégies d’adaptation et de développement durable. "Aujourd’hui, tout le monde parle de développement durable mais tout le monde n’en donne pas le même contenu ou la même définition. Et par conséquent, les stratégies sont très différentes d’une approche à l’autre", souligne Séverine Blaise. Un "concept" qui reste flou, mais qui repose sur trois piliers : l’économie, le social et l’environnement.
 

Quel développement durable pour l’Océanie ?

On le sait les pays de l’Océanie sont plus vulnérables, en particulier les petites économies insulaires, mais pour l’économiste, "le risque n’est pas assez pris en compte". Les conséquences du réchauffement climatique et les adaptations nécessaires sont très peu, voire pas du tout, évoquées selon elle : "c’est un changement radical de nos modes de production et de consommation qu’il faut mettre en œuvre et pour y parvenir, il faut malheureusement surmonter un certain nombre d’obstacles". L’utilisation du pétrole bon marché et l’agriculture intensive, par exemple. Mais pour la chercheuse, les pays d’Océanie peuvent encore montrer la voie d’un développement plus respectueux, à la fois de la nature et des êtres humains.
 

Diversification de l’économie en Nouvelle-Calédonie

Pour Séverine Blaise, la Nouvelle-Calédonie est soumise à de fortes tensions : "d’une part, on exploite une ressource qui est non-renouvelable, le nickel, et dont l'exploitation génère des dégradations environnementales et de nombreux conflits sociaux. Et d’autre part, notre modèle économique reste très dépendant des transferts de la Métropole. Enfin, notre balance commerciale est déficitaire", explique-t-elle. Pour faire face aux enjeux, il est donc préconisé de diversifier notre économie en amorçant une véritable transition. "Il faut pour cela mettre en place de véritables politiques volontaristes car cette transition ne se fera pas uniquement sur la base de micro-réalisations".

"Les politiques ne sont pas à la hauteur des enjeux"

Selon l'économiste, le constat est sans appel : "l’affectation des fonds publics au niveau de la recherche et de la formation est absolument insuffisant". Les enjeux sociaux et économiques doivent également être pris en compte car "le développement durable ne se limite pas uniquement à la sphère environnementale. Le déclin de la biodiversité est aussi en lien avec le déclin de la diversité culturelle à travers le monde". Mais elle assure que la Nouvelle-Calédonie possède "de grands atouts pour faire face".

Un entretien à retrouver dans son intégralité ici.