Elevage : un vaccin pour éradiquer la tique du bétail calédonien

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©Sheïma Riahi

Après dix ans de recherches, l'Institut agronomique calédonien, a mis au point un vaccin contre la tique du bétail. Efficace sur le cheptel local, il devrait permettre de maintenir les races bouchères les plus sensibles à la tique et de réduire considérablement l'utilisation de produits chimiques. 

La pérennité de l’élevage calédonien se joue peut-être sur la station d’Agrical Ballande, à Ouinané…. Dans le stockyard, les limousines sont une race patrimoniale très appréciée des consommateurs mais particulièrement sensibles à la tique. Pour lutter contre ce redoutable parasite, un vétérinaire a mis au point un vaccin à partir d'une protéine issue du tube digestive de tiques locales. C'est une adaptation du vaccin australien qui a fait jusque-là ses preuves sur le cheptel calédonien…. "Lorsque la tique va faire son repas de sang, elle va ingérer cette protéine; la vache va produire des anti-corps, qui vont venir se coller au tube digestif de la tique et entraîner des lésions hémorragiques donc les capacités de reproduction de la tique" explique Thomas Hüe, chercheur vétérinaire à l’IAC.

Objectifs : moins de larves et des pâturages plus sains. 140 limousines ont déjà été vaccinées sur l'exploitation. "On ressentait le besoin de conserver cette race-là dans notre schéma de production, pour fournir des carcasses adaptées au marché" raconte Mathieu Naturel, responsable technique Agrical Ballande. Conscient qu'il ne s'agit pas d'un "outil miracle", il admet que ce vaccin "vient compléter les outils qu’on a aujourd’hui avec la lutte agronomique et génétique, pour lutter efficacement contre la tique de manière durable."

Réduire l'utilisation de produits chimiques

Dix ans de recherches et de développement menés par l’Institut agronomique calédonien auront été nécessaires. D’après les essais de l’IAC, le vaccin permet de réduire de plus de 40% l’utilisation de produits chimiques après 18 mois de vaccination.

C’est un essai qui a duré trois ans, mais si on continue la vaccination pendant trois, cinq ou dix ans, on peut espérer réduire d’autant plus l’utilisation des produits chimiques pour arriver à un minimum de traitement sur les animaux.

Thomas Hüe, chercheur vétérinaire à l’IAC


Depuis septembre 2018, 1400 bovins répartis dans neuf exploitations ont été vaccinés dans le cadre de la phase test. Il reste à convaincre l’ensemble des éleveurs de l’efficacité du vaccin pour permettre de préserver les bêtes de races bouchères. 

Le reportage de Sheïma Riahi et Nicolas Fasquel.