L’épave de l’Emma Colvin sans doute retrouvée dans le Sud de la Calédonie

Après dix ans de recherche, l'association Fortunes de mer calédoniennes vient sans doute de retrouver l'épave de l'Emma Colvin, un clipper anglais de 36 mètres. En 1863, ce trois mâts, chargé de charbon et de bétail a fait naufrage sur le récif Umbei, au Sud de la Grande Terre.
Une forme oblongue posée sur le récif Umbei, dans la corne du Sud… c’est l’indice que les plongeurs de Fortunes de mer recherchaient depuis dix ans. Grâce à un article paru en 1976 dans la France Australe, ils savaient qu’une épave avait été repérée dans cette zone. D’après leurs recherches, il s’agirait de l’Emma Colvin, un trois mâts anglais de 36 mètres. 
« L’épave est identifiée à 95 % parce qu’on pense vraiment que c’est l’Emma Colvin, parce que dans nos archives, c’est le seul bateau dont on sait qu’il a coulé sur le récif Umbei » explique Philippe Houdret, président de l'association Fortunes de mer calédoniennes. « Maintenant, on va faire parler un petit peu les objets, les tirants en bronze, les échantillonnages et tout ça pour confirmer cette hypothèse et être vraiment sûr à 100 % qu’il s’agit de l’Emma Colvin ».
 

Transport de marchandises et de passagers

Deux canons, un hublot, une ancre, des pierres de lest, des pièces de bronze ; tous ces objets racontent l’histoire de clipper construit à Londres en 1847. 
« Il a été construit pour les grands trajets qu’il y avait à l’époque avec la Chine, avec la guerre de l’opium, le trafic de thé et ainsi de suite » explique Jean-Paul Mugnier, vice-président de Fortunes de mer calédoniennes. « Et surtout pour le transport des émigrants, anglo-saxons la plupart puisque c’est un navire britannique, et qui allait dans les diverses colonies du condominium ». 
 

Les hommes ont survécu, pas le bétail

Ni migrants, ni thé pour cet ultime voyage entre Sydney et la Nouvelle-Calédonie, mais 62 tonnes de charbon, 9 passagers, 21 hommes d’équipage et 202 vaches.
« Ce bétail était destiné à un colon qui s’appelait Jouve et qui était sur la côte Ouest et qui avait de grandes propriétés. Il a tout perdu puisque tout le bétail s’est noyé » poursuit Jean-Paul Mugnier.
Tous les hommes en revanche ont survécu au naufrage de l’Emma Colvin en 1863 ; leur histoire s’ajoute désormais à celle de toutes des fortunes de mer calédoniennes, répertoriées par l’association du même nom. 
Philippe Houdret, le président de l'association Fortunes de mer calédoniennes était ce mercredi matin l’invité du journal radio de Malia Noukouan 

Epave itw Houdret


Le reportage de Caroline Antic-Martin 
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