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Feux de forêt : un fléau pour notre biodiversité

environnement
Etude feux Touho
©Marguerite Poigoune
Quel est l’impact des incendies sur nos sols ? Cette question est au cœur d’une étude menée par la province Nord pour comprendre l’érosion des bassins versants, non miniers.
La collectivité a mis en place des parcelles de suivi dans la commune de Touho afin de vérifier si l’érosion est due principalement aux feux de forêt ou à la faune envahissante. Il existe trois de ces parcelles dans la zone. Une de savane qui a été brûlée ce mardi, avec l’aide des pompiers et en présence des associations environnementales, une parcelle sur une forêt en bonne santé et une dernière située sur une zone très abîmée par les cerfs et les cochons. Les comparaisons de ces trois parcelles permettront d’apporter des réponses sur l’origine de ces érosions.
« On a fait des prélèvements de sols il y a trois semaines de cela, à différentes profondeurs. Et là, après le feu, on va refaire des prélèvements pour pouvoir comparer au niveau de la chimie des sols, s’il y a des différences », détaille Caroline Tramier, ingénieur hydrologue à la Direction du développement économique et de l’environnement en province Nord.
Etude feux Touho
Coordonné par Caroline Tramier, à droite, ce dispositif est suivi par les habitants de Touho. ©Marguerite Poigoune

Une étude suivie par la population

Les mesures hydrologique sur la grande parcelle de 115 mètres carrés permettent de connaître la quantité d’eau qui ruisselle, la matière en suspension dans l’eau et le débit de l’eau. L’objectif est de mesurer la quantité de terre érodée. Il s’agit donc de comprendre l’érosion sur les bassins versants non miniers et de déterminer si le feu en est principalement la cause. « Dans le bassin versant, il y a beaucoup de zones de savanes à niaoulis, où le feu fait partie du cycle. C’est le passage régulier du feu qui fait que ces espaces restent à long terme des savanes, rappelle Caroline Tramier ingénieur hydrologue à la DDEE.  Dans le paysage, on a aussi des forêts. Le but de ces parcelles, c’est de voir d’où vient l’érosion. »
L’implication des populations dans cette étude est révélatrice de la prise de conscience face aux  bouleversement causés par l’action de l’homme. « On utilise le feu comme un outil mais on n’arrive pas à le contrôler et ça fait des dégâts », reconnaît un habitant de la région. Par la suite, l’objectif sera justement de permettre à la population de poursuivre, elle-même, ce dispositif de suivi de l’érosion.

 
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