Glencore : accompagner le déclin du charbon en pensant à l'ascension du nickel

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Glencore
Le siège de Glencore à Baar dans la banlieue de Zurich en Suisse. ©Alain Jeannin
Le nouveau patron du géant des matières premières veut réduire ses émissions de carbone pour arriver à la neutralité en 2050. En attendant, Glencore assume ses investissements dans les énergies fossiles pour mieux maitriser sa transition énergétique.

Gary Nagle, jusqu'alors directeur des activités charbon de Glencore, a pris les commandes du géant du négoce minier, succédant à son emblématique patron, le milliardaire, lui aussi Sud-Africain Ivan Glasenberg.

Glencore a racheté les parts de l’Anglo-Australien BHP et du Britannique Anglo American dans la méga mine de charbon de Cerrejón en Colombie. Les deux sociétés veulent améliorer leur image environnementale en tournant le dos au charbon.

Ainsi, Anglo American a déclaré dans un communiqué que cette cession marque la dernière étape de sa transition dans sa stratégie de sortie du charbon. Glencore a une approche différente, il pense faire des profits avant de fermer progressivement le site minier colombien.

Le groupe suisse, qui aurait déboursé 588 millions de dollars pour cette acquisition, estime qu'il est possible d'exploiter cette mine tout en respectant ses engagements pour le climat. Le négociant pense néanmoins que son investissement sera rentable en "moins de 2 ans". En tenant compte des revenus générés par la mine et des cours du charbon, la charge au niveau de la trésorerie pourrait se limiter à environ 230 millions de dollars, a précisé Glencore.

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Convoi ferroviaire d'exportation de charbon colombien destiné à l'Allemagne. ©Johannes Glockner/AFP

Les prix du charbon ont atteint des sommets, aux plus hauts depuis 10 ans, dopés par la reprise économique et la consommation mondiale. La Chine, s’inquiète de la hausse des prix. Les Etats-Unis, s’attendent à une croissance de leur demande de près de 16 % en 2021. En Europe centrale ou encore en Australie, le recours au charbon devrait augmenter en raison de la forte demande en électricité. Enfin, en Afrique ou en Amérique latine, le symbole de la vieille révolution industrielle n’a pas dit son dernier mot, bien qu’en perte de vitesse face aux énergies renouvelables.

C’est dans ce contexte que Glencore vient de racheter la mine colombienne, qui est l’une des plus grandes mines de charbon à ciel ouvert au monde. "C'est la bonne décision à prendre", a estimé le groupe Suisse. "Vendre nos actifs dans les combustibles fossiles et en faire le problème de quelqu'un d'autre n'est pas la solution et ne réduira pas les émissions nocives (…) Nous sommes confiants dans le fait que nous pouvons gérer le déclin de notre portefeuille de combustibles fossiles de manière responsable et cohérente avec les objectifs de l'accord de Paris", a conclu Glencore dans un communiqué.

Selon les prévisions de la multinationale, les volumes de production de la mine colombienne, plus de 20 millions de tonnes, doivent diminuer fortement à partir de 2030.

La stratégie de Glencore vise à continuer l'exploitation jusqu’à la fermeture définitive du site, et d'utiliser les revenus du charbon pour financer et développer la production de nickel et de cobalt, deux métaux de la transition énergétique. Glencore détient 49 % du grand gisement de nickel du Koniambo et de son usine métallurgique (KNS) en Nouvelle-Calédonie. 

LME Nickel le 07/07/2021 aprés clôture : 18 308 dollars/tonne +1,61 %