Judo : Alexis Mathieu, sacré champion de France en 1ère division

sportncla1ère
Alexis Mathieu a pris le dessus sur Aurélien Diesse en finale des moins de 90 kilos.
Alexis Mathieu a pris le dessus sur Aurélien Diesse en finale des moins de 90 kilos. ©France Judo
Près de trente ans après Laurent Calleja, un nouveau calédonien est couronné au plus haut niveau national. Alexis Mathieu, sociétaire du Sucy Judo, a remporté la finale des moins de 90 kilos. Une étape très importante sur le chemin qui doit le mener aux Jeux Olympiques 2024, à Paris. Entretien.

Depuis trois ans, il ne cesse de grimper à l'échelon le plus elévé du judo tricolore. Ces trois dernières années, Alexis Mathieu est toujours monté sur le podium des championnats de France 1ère division, remportant tour à tour le bronze à Rouen, l'argent au Coliseum d'Amiens, et l'or, cette année, à Perpignan. Le Calédonien est devenu, cette nuit pour nous, la nouvelle référence chez les moins de 90 kilos au terme d'une intense période de compétitions. Il se confie à NC La 1ère sur ce tournant dans sa carrière.  

NC La 1ère : La dernière fois qu'un Calédonien a remporté les championnats de France 1ère division, c'était Laurent Calleja en 1993 chez les moins de 65 kilos. C'est dire la difficulté de la performance que vous venez de réaliser ...

Alexis Mathieu : Cela représente beaucoup de fierté. C’est beaucoup de travail, d’investissement, mais ce n’est qu’un début, qu’une étape. A chaque fois que je m’engage sur une compétition, j’ai toujours une pensée pour la Nouvelle-Calédonie, pour mon île. Cela fait deux ans que je ne suis pas rentré. Mes parents sont toujours à Koumac, donc j'ai toujours une pensée particulière. Je suis content d’avoir pu obtenir ce titre aujourd’hui. La journée a été longue, cela fait du bien. C’était exactement la même finale que j'ai perdu l’année dernière. Je tombe sur Aurélien Diesse que je connais bien. On s’entraîne à l’INSEP ensemble. Je savais à peu près à quoi m’attendre, et j’avais pensé avec mon entraîineur à une stratégie à mettre en place. J'ai aussi appelé mes parents avant le combat sur ce point.

J’ai su mettre en place la tactique, et j’ai réussi à le contrer au bon moment. Derrière, il fallait tenir le temps. J’ai fait Waza-ari, donc je menais d’une valeur. Sur la fin c’était compliqué parce qu’il ne fallait pas que je monte trop en pénalité. J’ai réussi à tenir jusqu’au bout et je parviens à remporter le titre.

Alexis Mathieu

 

Quels étaient ces conseils stratégiques nécessaires pour l'emporter ?  

Pendant pas mal d’années, c'était compliqué pour moi aux championnats de France ou sur des compétitions à l’étranger. J'éprouvais des difficultés sur le kumikata, c’est à dire la saisie au judo. J’étais moins structuré, j’y allais un peu à l’instinct, en essayant de voir ce que je pouvais faire. Je subissais, tout en parvenant à trouver des solutions techniques. Depuis moins d’un an, j'ai beaucoup travaillé là-dessus avec mon nouveau club, le Sucy Judo, mais aussi mes parents avec qui on interagit énormément. On a mis en place des choses pour qu’au niveau des mains je sois plus structuré. Cela va me permettre de monter d’un cran. On a aussi imaginé une préparation physique un peu plus intense pour pouvoir s’imposer au niveau international. C'est ce qui fait qu’au Grand Slam de Paris, j’arrive a sortir un mec du Top 10 mondial.

Je ne suis pas encore au point où je veux arriver,

mais petit a petit, l’oiseau fait son nid comme on dit.

Et ca va arriver.

Alexis Mathieu

En quelques semaines, Alexis Mathieu a enchaîné le Grand Slam de Paris, les championnats d'Europe moins de 23 ans et un titre en 1ère division nationale.
En quelques semaines, Alexis Mathieu a enchaîné le Grand Slam de Paris, les championnats d'Europe moins de 23 ans et un titre en 1ère division nationale. ©France Judo

 

Vous sortez d'une série de compétitions très relevées, qui se termine par un sacre national. Comment avez-vous vécu cette période ? 

Cela fait plaisir parce que je sors effectivement d’un gros bloc. Au Grand Slam, je n'ai pas défendu ma 3e place comme il le fallait. J’ai fait une commotion, je perds à cause de ça, et termine 5e. J'ai enchaîné avec les championnats d'Europe moins de 23 ans, où je n'ai pas trouvé de solution contre mon adversaire italien au 2e tour. Je rate ma dernière chance de titre dans cette compétition sur cette tranche d'âge. J'étais un peu frustré aussi. Là, j’avais à coeur de reconfirmer encore une année sur ces championnats de France 1ère division, et de m’imposer comme n°1 français actuel, derrière Axel Clerget actuellement blessé. C'est la fin d’une grosse période, je suis assez fatigué physiquement, etc. La journée a été dure, avec pleins de petits bobos.

J’y suis allé avec ce que j’avais, et ça se finit de la plus belle des manières, donc ca fait du bien au moral et physiquement.

Alexis Mathieu, champion de France 1ère division -90kg

 

Gagner en 1ère division alors que les Jeux Olympiques 2024 à Paris approchent, c'est essentiel ?

Exactement, on est en début d’olympiade. Axel Clerget n’est pas encore revenu de blessure, donc il faut marquer des points, il faut marquer les esprits d’entrée. Il n’y a pas de place au questionnement : "est-ce que sera lui ou moi, ou quelqu’un d’autre ?". Là, au moins, on annonce la couleur. Sur le tournoi de Paris, je suis le français qui fait la meilleure performance en moins de 90 kilos. Là, je remporte les championnats de France, donc c’est une nouvelle étape. Maintenant il va falloir reconfirmer à l’international et chercher des médailles. C’est ce qui est le plus important. Ce titre montre que j’évolue. Sur mes trois participations aux championnats de France 1ère division : je fais 3e, 2e et maintenant 1er. Ca grimpe et c’est ce qui fait plaisir.