L’appel du gouvernement aux soignants volontaires pour prêter main forte à la Polynésie entendu

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Une vingtaine de personnes ont répondu favorablement à cet appel, lancé par le gouvernement Calédonien ce dimanche 8 août. Une solidarité qui intervient alors que la Polynésie connaît une accélération forte des contaminations au variant Delta.

Au sein de la maison des associations de Dumbéa, l’ambiance feutrée de la partie de bingo du mercredi après-midi était bien plus joyeuse que d’habitude. Et pour cause, l’une de ses adhérentes, a fait acte de candidature pour aller aider en Polynésie française, dans le cadre de la crise Covid. "On voit que cet esprit de solidarité est ancré dans notre association", se réjouit Mireille Leu, vice-présidente de l’association.

"On est à l'abri de rien"

Cette candidate, c’est Françoise Neimbo, retraitée de l’hôpital public, dans lequel elle a travaillé pendant 35 ans en tant qu’aide soignante. Mardi, elle a répondu à l’appel à volontaire du gouvernement car pour elle, la solidarité est une valeur à promouvoir en ces temps difficiles. "J’ai envie de partir pour aider le fenua parce que c’est dans le Pacifique, et avec tout ce qu’il se passe en ce moment, ça donne envie d’y aller", assure l’aide soignante.

Au point de vente de produits de l’amicale des Iles Australes à Nouméa, Méré Manate Tavita, présidente de section artisanat, voit avec crainte et tristesse la dégradation de la situation sanitaire dans l’archipel. "C’est triste parce qu’on ne sait pas pourquoi c’est revenu. C’est depuis qu’on a ouvert les frontières à Tahiti, on est à l’abris de rien, je pense que la Calédonie ça sera pareil", regrette la présidente. 

État d'urgence sanitaire

À 4 600 Km de la Nouvelle-Calédonie, à Tahiti et dans les îles, la circulation du variant Delta s’est accélérée en quelques jours. Le fenua recensait 10 nouveaux décès du coronavirus mardi 10 août et 1 075 nouveaux cas, en 24 heures. Mercredi matin à Paris, le président de la République Emmanuel Macron a réuni un conseil des ministres exceptionnel, pour rétablir l’état d’urgence sanitaire sur place.

"Nous avions un taux d’incidence, c’est à dire le nombre de cas pour 100 000 habitants, inférieur à 10 le 16 juillet dernier. Le 23 juillet, on était à 16 en taux d’incidence. Aujourd’hui, nous sommes à plus de 1 000. Cette situation est grave", assure Dominique Sorain, haut-commissaire de la République en Polynésie française.

Vingtaine de candidats

Devant la flambée de l’épidémie, les autorités Polynésiennes ont donc sollicité des renforts en personnel sanitaire. Le président du gouvernement Calédonien Louis Mapou a répondu favorablement, en lançant dès dimanche cet appel à volontaires.

Au total, une vingtaine de candidats se sont fait connaître, mais ne seront retenues que les personnes extérieures à l’hôpital. "En Calédonie, il y a des infirmiers qui sont retraités, il y a aussi des médecins retraités ou qui sont dans le privé. Peut-être qu’eux, seraient intéressés à partir aider à Tahiti. C’est dans cet objectif, que l’appel a été lancé. Et d’ailleurs le président Mapou a été entendu jusqu'en Métropole, car une dizaine de personnes de Métropole ont répondu à l’appel", précise Yannick Slamet, membre du gouvernement en charge de la santé.

En Polynésie, le couvre-feu entre en vigueur ce soir dès minuit, il devra être respecté de 21 heures à 4 h du matin. Les autorités ont prévenu que selon la situation, il pourrait évoluer. 

Le reportage de Thérèse Waïa, Laura Schintu et Kaio Tui :