L’obésité : pourquoi cette maladie multifactorielle concerne tous les Calédoniens ?

obésité
obésité en Nouvelle-Calédonie
©NC la 1ère
Dakata recevait jeudi 22 octobre deux professionnels de santé pour parler d'un sujet qui concerne un adulte sur deux au-delà de 45 ans en Nouvelle-Calédonie : l’obésité. Quelle posture avoir face au surpoids ? Quels traitements sont disponibles ? Le regard des médecins est sans concession.
Les chiffres sont éloquents, l'obésité est un fléau en Nouvelle-Calédonie. Selon une enquête de 2013, dès le plus jeune âge, 1/5ème de la population calédonienne rencontre cette pathologie pour arriver à la moitié, soit 1 adulte sur 2 à partir de 45 ans. Un véritable problème de société puisque l'obésité peut être à l'origine de plusieurs maladies graves, le diabète en tête, ou encore l'hypertension et les problèmes cardio-vasculaires.
 
Dakata chiffres

L'émission Dakata diffusée ce jeudi 22 octobre a reçu pour débattre et expliquer l'étendue du sujet, deux médecins : un endocrinologue, le Dr Bruno Creugnet, et un chirurgien viscéral, le Dr Stéphane Niel.

Marie, 59 ans, évoque avec émotion les différents handicaps qui ont marqué sa période la plus difficile. Au moment du reportage, elle a en effet perdu quelques 50 kg grâce à une sleeve réalisée 4 ans auparavant. Une opération qui consiste en une ablation d'une partie de l'estomac. Elle raconte.
 

Je ne dis pas que c'était avec une baguette magique, ça n'a pas été facile. Il y a de la souffrance. Parce que du jour au lendemain, vous avez l'habitude de manger une belle assiette et il faut réduire. L'estomac est réduit. Je dois apprendre à me nourrir autrement, je dois faire du sport et avec la psychologue, je vais au fond du problème.

 
Dakata, votre émission de santé portait sur l'obésité

Fort de cet exemple qui apporte plusieurs éléments sur ce que recouvre l'obésité, Bruno Creugnet pointe des aspects majeurs de cette maladie chronique :
- l'obésité est une maladie. Pour preuve, les personnes atteintes voient leur espérance de vie réduite par rapport à une personne qui a un IMC (indice de masse corporelle) en dessous de 30
- d'autres pathologies sont donc liées à cette surcharge pondérale
- on porte l'obésité toute sa vie comme le diabète
- on n'en guérit jamais car les personnes atteintes d'obésité auront une propension à reprendre du poids supérieure aux autres
- les causes sont multifactorielles : l'alimentation vide riche en calories, la sédentarité, la génétique, le stress...

 

Le mécanisme 

Au plan cellulaire, les personnes atteintes de surpoids auront leurs cellules graisseuses qui vont augmenter de taille. Quand elles seront à leur taille maximale, elles contaminent celles qui sont aux alentours. Et les cellules qui n'étaient pas des cellules graisseuses vont le devenir. Même après des années de minceur, les cellules qui auront diminuées resteront des cellules graisseuses. A la moindre reprise de poids, le phénomène recommence de façon exponentielle.

 

Le regard des autres

Se pose aussi le regard des autres sur la perception de l'obésité. Les médecins présents sur le plateau constatent toujours un racisme envers les gros par manque de compréhension de cette maladie. Et en particulier envers les opérations telles que la sleeve, constate le Dr Niel. Ainsi le regard de la société complique aussi les soins qui peuvent aider les personnes obèses.
 

Les traitements

Les traitements avant d'arriver à l'opération de la sleeve réservée à l'obésité morbide, passent par une alimentation utile - c'est-à-dire à réapprendre à reconnaître sa satiété, par rapport à une alimentation plaisir - du sport et un accompagnement psychologique. De même que les causes sont multiples l'amaigrissement demande plusieurs angles d'attaque. Il faut principalement prendre conscience de que l'on mange.  "Un carré de chocolat par jour, c'est un kilo de pris en un an", assène le docteur Bruno Creugnet. 

Concernant la sleeve gastrectomie, cette opération reste la réponse la plus efficace face à l'obésité morbide, le by-pass et l'anneau gastrique ne sont quasiment plus employés sauf exceptions et concerne les formes les plus graves de l'obésité. Cependant elle n'est pas possible pour les personnes souffrant de reflux gastriques. Enfin les maladies liées à l'obésité sont majoritairement en rémission.

Des questions d'internautes concernant la cryolypolyse ou l'électrostimulation ont vite été balayées par nos spécialistes qui voient ces méthodes comme à tout le moins purement esthétiques, par rapport à l'aspect de la peau, mais ne permettant pas une perte de poids.
 

L'obésité infantile

Parallèlement l'obésité infantile souffre aussi de comportements alimentaires inadaptés à la santé de l'enfant, généralement transmis par les parents.
Dr Stephane Niel :

L'obésité morbide en Australie est considérée comme un mauvais traitement envers l'enfant



Dakata conclut sur la nécessité d'un changement de vie pour parvenir à un poids adapté à sa taille : activité physique, alimentation saine et accompagenment psychologique. Stéphane Niel résume cet impératif :

cela commence par faire différemment ses courses.

 

Dakata le replay



 
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