L’Union calédonienne discutera avec l’Etat, mais après l’élection présidentielle

référendum
Capture Daniel Goa conférence de presse comité directeur Union calédonienne (25 avril 2017)
©NC 1ère
L’Union calédonienne engagera des discussions bilatérales avec le prochain occupant de l'Elysée. Le parti affirme vouloir attendre la présidentielle pour négocier l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. En cause, les récentes décisions de l'Etat sous la présidence d'Emmanuel Macron qui ont fortement déplu aux indépendantistes.

L’UC ne l’avait pas dit ouvertement, c’est désormais chose faite. Après la troisième consultation, oui à des réunions bilatérales avec l’État, mais pas sous la présidence Macron. Une défiance clairement affichée à l’égard du Président de la République, du Premier ministre Jean Castex et de l’actuel occupant de la rue Oudinot Sébastien Lecornu.

"Un langage de sourds"


" Pas sous la présidence Macron parce que depuis qu’ils sont arrivés, on parle un langage de sourds. On n’arrive jamais à s’entendre. Il ne nous entendent pas, ils continuent de se parler à eux-mêmes. Le message qui est là au 12, c’est un Etat qui interroge les pro-Etat pour dire "est-ce que vous êtes pour la France ou non ?". Forcément ! Les véritables interlocuteurs, ce n’est pas les porteurs du Non" explique Daniel Goa, le président de l’UC. "Et donc tant que l’Etat reste borné sur la question de se parler à lui-même, nous choisirons qu’il y ait une nouvelle équipe. Même si c’est la même. Mais nous partirons avec un mandat nouveau".

Le projet du gouvernement Mapou


À la question pour un autre référendum binaire ou pour un référendum de projet. Réponse de Daniel Goa :
" Pour moi, le gouvernement de Louis Mapou a mis en place le nouveau projet. C’est ça qui allège la pesanteur de la revendication d’indépendance. Si la fracture sociale est éliminée, si la justice sociale vient, si l’emploi local est en place… ce ne sont pas que des revendications salariales, c’est une revendication politique".

L’élection présidentielle aura lieu en avril prochain. Les élections législatives en juin. Des élections qui seront suivies avec intérêt par les indépendantistes.
Le reportage de Dave Waheo-Hnasson :

©nouvellecaledonie

 

Confirmé par le comité de non-participation

Une position confirmée par les indépendantistes au sens large, dans un communiqué diffusé le mercredi 1er décembre : "Le comité stratégique indépendantiste de non-participation considère que le calendrier politique de discussion qu’impose l’Etat français au lendemain du 12 décembre 2021 n’est pas le sien et n’engage que lui", est-il écrit. "Ainsi, nous nous réservons le droit d’engager les discussions avec l’Etat Français après concertation de nos structures politiques respectives. Nous nous interrogeons également [quant à] la légitimité des interlocuteurs actuels alors même que les élections nationales n’ont pas encore eu lieu."

Document signé de Pierre-Chanel Tutugoro pour l’UC, Marie-Pierre Goyetche pour le Parti travailliste, André Forest pour l’USTKE, Aloisio Sako pour le RDO, Jean-Marie Ayawa pour la DUS, Wassissi Konyi pour le Palika et Jean Creugnet pour l’UPM.