La Case des artistes sous le coup d'une enquête judiciaire

art
Logo de la Case des artistes
Le logo de la Case des artistes. ©DR
L’association, qui accompagne une cinquantaine d’artistes en Nouvelle-Calédonie, notamment à travers un dispositif de portage salarial, fait l’objet d’une enquête. La Case des artistes est, en effet, soupçonnée de mauvaise gestion de fonds publics.

Que se passe-t-il à la Case des artistes ? C’est ce que les autorités cherchent à comprendre après l’ouverture d’une enquête par le parquet. Elle porte sur les conditions d’octroi et d’utilisation de subventions versées à des artistes, avec des fonds publics.

"Situation organisationnelle et financière très préoccupante"

Un audit, commandé il y a quelques mois par le 16e gouvernement, révèle, en effet, une "situation organisationnelle, mais également financière très préoccupante". Et de préciser qu’en décembre 2019, les comptes de l’association plongeaient à - 73 millions de francs.  
 
"A titre personnel, je sais qu’il y a des factures qui n’ont pas été payées par nos clients, par exemple", réagit l'artiste-plasticien Nicolas Molé. "Je reçois mon salaire, mais nos clients n’ont pas facturé le service qu’on leur a rendu, justement auprès de la Case des artistes. Donc, il y a peut-être quelques défaillances internes, oui. Mais c’est difficile de juger les gens sur le travail qu’ils font." 

Portage salarial, mode d'emploi

Le portage salarial des artistes, mode d'emploi.
Le portage salarial des artistes, mode d'emploi. ©NC la 1ere

Depuis 2012, la Case des artistes réalise ce que l’on appelle du "portage salarial". Le concept est le suivant : un musicien ou encore un peintre choisit les entreprises avec qui il souhaite travailler, et négocie avec elles sa rémunération. L’employeur verse alors les honoraires à la Case des artistes, qui les redistribue sous forme d’un salaire à son adhérent. Lui assurant également une couverture sociale. 

"Ça a changé la vie"

Un dispositif essentiel pour Louis Upane, porté depuis près de dix ans. "Ça a changé la vie", résume le pianiste. "On peut faire des emprunts, prétendre à la sécurité sociale. Se soigner. Parce qu’avant, il n y avait pas tout ça, c’était tout au black. Mais maintenant, avec la Case des artistes, on a une sécurité, on s’occupe de nous les artistes."

Tyssia pondère aussi : "Aujourd’hui, on pointe beaucoup les dysfonctionnements. Mais on en oublie tout le côté positif que cela apporte, et ce que cela devrait apporter à beaucoup d’autres artistes", estime la chanteuse, auteure, compositrice et interprète. "Malheureusement, la Case a été limitée, puisqu’abandonnée par les institutions suite à un soutien qui n’était pas constant."

Une cinquantaine de bénéficiaires réguliers

Ces dernières années, les subventions de la Nouvelle-Calédonie à la Case des artistes ont oscillé entre 33 et 51 millions de francs, pour le portage d’une cinquantaine de bénéficiaires réguliers. Un soutien que le 17e gouvernement devra renforcer s’il souhaite sauver un secteur déjà fragile par nature.

Un sujet de Loreleï Aubry et Cédric Michaut :