La croissance du parc immobilier de Nouvelle-Calédonie freinée par le déficit migratoire

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Construction d'immeuble, BTP, chantier, logement neuf
©NC la 1ere
C’est l’un des enseignements du dernier recensement. Dans sa nouvelle analyse, l’Isee estime que la baisse de la croissance démographique amène à la faible croissance des logements en Nouvelle-Calédonie.

En 2019, le parc immobilier de la Nouvelle-Calédonie comptait 109 000 logements, dont plus de 83 % de résidences principales (90 800). Cette proportion de résidences principales a augmenté, mais deux fois moins entre 2014 et 2019 que sur la période 2009-2014.
Une faible progression qui s’explique par le ralentissement de la croissance démographique (+0,2 % par an seulement) et du solde migratoire passé en négatif (10 000 personnes en moins entre 2014 et 2019).
Par conséquent, le nombre de logements vacants a presque doublé en cinq ans, et une habitation sur dix est désormais libre. L’Isee identifie surtout des logements proposés à la location, à la vente, ou en attente de succession. Là encore, le brusque fléchissement de la croissance démographique pèse dans ce résultat ainsi que l’incertitude institutionnelle.

Phénomène de décohabitation

Ce qui permet tout de même l’augmentation du parc, même à moindre niveau, c’est le phénomène dit de décohabitation. Les jeunes qui partent du domicile des parents, ou les couples qui se séparent, sont autant de foyer ou de ménages supplémentaires et donc de logements nécessaires.
On peut également lire dans l’analyse, que trois ménages calédoniens sur cinq sont propriétaires. Un taux stable depuis plus de 20 ans. En revanche, les manages kanak, hors tribu, accèdent moins à la propriété que les autres communautés.

Augmentation du logement social

L’Isee observe également aue le parc locatif occupé du secteur libre (hors logement social) a légèrement reculé.
Mais à l’inverse, le parc locatif social a augmenté de 20 % en seulement cinq ans. En tout, ce sont 14 000 ménages qui sont concernés, contre 11 500 en 2014, et 9 800 en 2009. 
C’est même un ménage sur cinq qui habite dans un logement social dans le Grand Nouméa. Le rapport stipule que « les Océaniens, et tout particulièrement les Kanak, sont nettement surreprésentés dans le secteur social : hors tribu, 42 % des ménages kanak ont recours aux bailleurs sociaux contre seulement 12 % pour les ménages non kanak ».

La lente résorption des squats

Autre enseignement de cette étude, la population des squats continue de diminuer lentement. « Le recensement dénombre environ 1 100 ménages et 3 850 habitants permanents en 2019 dans les squats du Grand Nouméa, contre 6 000 habitants permanents en 2004, 5 300 en 2009 et 4 200 en 2014 », peut-on lire dans la synthèse de l’Isee.
Si le nombre de squatteurs a reculé de 36 % depuis 2004 et de 8 % depuis 2014, l’une des explications vient  principalement du démantèlement des squats Kavatawa dans le centre-ville de Dumbéa et Sakamoto, près du centre-ville de Nouméa.
L’Isee recense une cinquantaine de zones d’habitat spontané sont répertoriées dans l’agglomération. Plus de 60 % des squatteurs résident à Nouméa (2 350 en 2019 contre 2 250 en 2014), près d’un tiers à Dumbéa (1 250 contre 1 600) et 6 % au Mont-Dore (250 en 2019 comme en 2014).