La pêche sous-marine en mal de reconnaissance

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Lors du championnat de pêche sous-marine, il faut ramener un poisson par espèce.
Lors du championnat de pêche sous-marine, il faut ramener un poisson par espèce. ©Lizzie Carboni / NC la 1ère
L’association de pêche sportive en apnée organisait, ce samedi, la cinquième et dernière manche du championnat de Calédonie de pêche sous-marine. Bien plus qu’un loisir ou une passion, c’est un sport que ces pratiquants aimeraient faire reconnaître en tant que tel. Découverte de la discipline.

Un championnat de Calédonie de pêche sous-marine ne s'improvise pas. Samedi a eu lieu la dernière manche de cet événement organisé par l’association de pêche sportive en apnée. Avant le début de chaque journée de compétition, la zone de pêche est tirée au sort. Les duos passent alors cinq heures en mer à se relayer pour nager et pêcher la plus grande variété de poissons du lagon. Objectif : ramener un poisson par espèce.

"Les points sont faits par rapport aux espèces les plus méritantes. Par exemple, la loche bleue rapporte 3000 points et le dawa, 1000. Techniquement, la loche bleue est plus difficile à attraper, explique Philippe Facchini, vainqueur de la compétition. On a fait un travail avec l’IRD pour savoir à quelle taille les poissons peuvent être prélevés.» 

"Ces gens ne connaissent par notre règlement"

Les compétiteurs nagent alors plusieurs kilomètres, dans des conditions qui ne sont pas toujours favorables. Une discipline qui demande une bonne condition physique et s’apparente à un vrai sport, qui pour l’heure, n’est pas reconnue via une ligue. "J’ai presque vingt ans de compétition. Je n’ai jamais fait les Jeux du Pacifique, pourtant ils ont été faits ici. Mais la chasse sous-marine n’était pas inscrite parmi les sports d’ici", fait remarquer Richard Viratelle, lui aussi vainqueur de la compétition et membre de l’association de pêche sportive en apnée. 

Ce qui manque aux passionnés ? "La reconnaissance de nos dirigeants. Au CTOS, la chasse sous-marine n’a jamais été reconnue en tant que sport. Ils croient que c’est un sport de massacreurs. Sauf que ces gens ne connaissent par notre règlement, surtout le nouveau qui est très strict. On a beau avoir eu des réunions avec des dirigeants de la province Sud, on n’est pas reconnu. On n’est pas écouté."

Une compétition internationale aux îles Marquises

Sport ou pas sport, les vainqueurs s’envolent à la fin du mois d’octobre pour une compétition internationale aux îles Marquises, en Polynésie française, où ils affronteront les meilleurs pêcheurs et plongeurs du Pacifique. 

À chaque manche du championnat, le butin des pêcheurs est offert à l’association Les Sans Voix qui œuvre pour les plus démunis.