Quand une session du Congrès s'intéresse à la cession de l'usine Vale

nickel
Séance du Congrès spécial usine du Sud, 14 septembre 2020, avec André Dang
©Gaël Detcheverry / NC la 1ere
C’était une demande émanant de 34 élus : une séance extraordinaire au Congrès de la Nouvelle-Calédonie pour évoquer l’avenir de l’usine du Sud. A l’ordre du jour, l’audition de différents acteurs concernés par son rachat, mais aussi la création d’un comité de concertation.
L’hémicycle de la rue Vauban est plein, ce lundi après-midi. Mais les politiques comme le public doivent faire preuve de patience. La séance, réclamée par 34 élus sur 54, va démarrer avec une heure trente de retard. En coulisses, des discussions de dernière minute, après une coutume d’ouverture.
 

Sans Vale NC

Le premier volet peut alors commencer : les auditions. Elles se feront sans la direction de Vale NC, ce qui est vertement critiqué par le député Philippe Gomès. L'élu Calédonie ensemble trouve cela «douteux», évoquant une absence «qui renforce l’opacité du dossier».
 

L'offre Sofinor - Korea Zinc

Lors de cette session extraordinaire, les élus du Congrès cherchent notamment à savoir si la Sofinor et son partenaire Korea Zinc sont des repreneurs crédibles pour l’usine du Sud. André Dang, directeur de la Sofinor, et Ulrich Reber, directeur de projet, exposent le contenu de leur offre de reprise. 
 

Il s'agit d'une opportunité unique de détenir 56 %  de cette usine, au lieu d'en détenir 5 %.
- Ulrich Reber, directeur de projet

 
Séance du Congrès spécial usine du Sud, 14 septembre 2020, Charles Washetine
©Gaël Detcheverry / NC la 1ere
 

Redistribuer l'actionnariat

L’offre s’appuie sur une redistribution de l’actionnariat : 51 % pour la Sofinor, 44 % pour Korea Zinc et toujours 5 % pour la Nouvelle-Calédonie, via la Société de participation minière du Sud calédonien. Elle repose également sur une reprise de la production d’oxyde de nickel, en plus de celle de NHC, le fameux nickel hydroxyde cake. 
 

AEC dubitatif

Cette stratégie industrielle interpelle les élus de l’Avenir en confiance, dubitatifs quant au choix de relancer une production déficitaire, abandonnée l’an dernier. 
 

Je n'arrive pas à comprendre la volonté du repreneur éventuel de remonter la raffinerie quand on sait que c'est une majeure partie des coûts et qu'aujourd'hui, l'entreprise Vale commence à être rentable.
- Virginie Ruffenach, chef de groupe Avenir en confiance

 
L'usine du Sud, Vale NC, début 2020.
L'usine du Sud début 2020. ©Françoise Tromeur / NC la 1ere
 

Financement

Le volet financier suscite également beaucoup d’interrogations de la part des élus : qui va mettre la main au porte-monnaie, et à quelle hauteur ? Réponse : ce sera Korea Zinc, à hauteur de quarante milliards de francs Pacifique. Vingt milliards CFP pour le fonds de roulement de l’usine en 2021, et vingt autres pour la modernisation de la raffinerie. Ils s’ajouteraient aux cinquante milliards laissés par Vale et aux trente milliards apportés par l’Etat.
 

Nous n'avons rien signé. Nous n'avons pas abouti encore. On est toujours dans la négociation.  
- André Dang, directeur de la Sofinor

 

Soutien des indépendantistes

Très à l’écoute, les élus indépendantistes interviennent en fin de présentation pour dire leur soutien au projet de la Sofinor.
 

On vous encourage à continuer, à entrer dans la négociation, pour qu'au bout, les titres, la ressource, nous appartiennent. Comme on a fait dans le Nord. Pour que quand demain, les opérateurs veulent s'en aller, la ressource reste ici et que ça constitue notre levier de développement.
- Victor Tutugoro, groupe Uni

 
La Sofinor et Korea Zinc se donnent soixante jours pour finaliser leur offre de reprise de l’usine du Sud. 

Le compte-rendu de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry :  
©nouvellecaledonie

L'offre de Byms

Vient le tour de Byms, une deuxième offre calédonienne. Beaucoup moins de questions, cette fois. Un projet peut-être jugé moins crédible par les membres du Congrès. S’ensuivent des discussions très techniques et juridiques, notamment autour des problématiques fiscales. 
 

Un comité de concertation

En début de nuit et après de longues discussions, la création d’un comité de concertation est adoptée, par 22 voix pour et dix-huit voix contre. Celles de l'Avenir en confiance qui, par la voix de Sonia Backès, annonce un recours contre les 34 signatures à l’origine de la délibération (douze signataires seraient susceptibles d’être coupables de prise illégale d’intérêt) et contre l’article premier de ce texte.
Explications de Stéphanie Chenais : 

Usine du Sud, comité de concertation

 

Vœu

Les débats ne sont pas pour autant terminés. Nouvelles passes d’armes à l’occasion du vœu proposé par les trois mêmes groupes du Congrès. Adopté à nouveau par 22 voix pour face à dix-huit voix contre, il vise finalement «à demander à Vale de privilégier le maintien en activité de l'usine du Sud et d'examiner toutes les propositions de reprise». Clôture de la session : 20h58 !
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