La SLN face à l'épidémie de Covid, et la vaccination obligatoire

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A l'usine SLN de Doniambo, septembre 2021. Scorie. Masque.
A l'usine SLN de Doniambo, septembre 2021. ©Natacha Lassauce-Cognard / NC la 1ere
La SLN n'est pas épargnée par la crise Covid. Plus de 80 cas ont été diagnostiqués, à Doniambo, auprès de sous-traitants ou chez un intérimaire. Plusieurs employés sont considérés comme guéris. Pour faire face à la pandémie et l'obligation vaccinale, la société a lancé un vaccinodrome.

La SLN franchit une nouvelle étape dans la lutte contre l’épidémie. A Doniambo, les salariés, les sous-traitants et leur famille disposent désormais d'un vaccinodrome. Jeanne de Bascoche a eu les deux premières doses du vaccin à ARN messager. Après cinq mois et demi, elle reçoit la troisième dose, directement sur son lieu de travail.  

Nous faisons partie des activités sensibles pour l'économie de la Nouvelle-Calédonie. C'est vital que cette protection collective aux populations soit réalisée ici.

Jeanne Setiano-de Bascoche, salariée de la SLN

 

Une salariée du Nickel reçoit sa dose de rappel sur son lieu de travail. septembre 2021
Une salariée du Nickel reçoit sa dose de rappel sur son lieu de travail. ©NC la 1ere

 

Vaccination obligatoire

Avec ce vaccinodrome, la société Le Nickel apporte une réponse à l'obligation vaccinale décidée par le gouvernement, adoptée par le Congrès et publiée au journal officiel le 6 septembre dernier. Elle rend obligatoire la vaccination des salariés dans les entreprises calédoniennes dites prioritaires. Le personnel a jusqu’au 31 octobre pour se mettre aux normes.  

En cas de refus de se faire vacciner, un salarié encourt 175 000 F d’amende. Au-delà de cette date, l’employeur peut proposer des aménagements de poste ou des options de reclassement.

Des syndicats partagés

Une situation inquiétante, pour le syndicat majoritaire à l’usine de Doniambo. Car au sein du personnel, certains sont favorables à la vaccination et d'autres, non. "C'est un peu flou pour nous", déclare Germain Djawari, secrétaire-adjoint du SGTINC, le Syndicat général des travailleurs des industries de Nouvelle-Calédonie. "On espère que des amendements seront apportés à cette loi. En tout ça, si on l'applique en l'état, ça va être très très difficile pour notre entreprise."

Le Soenc nickel, deuxième syndicat de Doniambo, soutient la vaccination. Il souhaite que les responsables du site arrivent à convaincre les salariés, plutôt que de les contraindre à se faire vacciner. 

Site SLN de Doniambo, septembre 2021.
Site SLN de Doniambo, septembre 2021. ©Natacha Lassauce-Cognard / NC la 1ere

 

Effet sur la production

Depuis le 7 septembre dernier, sur 2 150 travailleurs, au moins 81 cas de Covid ont été comptabilisés au niveau de la SLN et ses sous-traitants. Le fonctionnement de la société en est affecté. Elle enregistre une baisse de 8 à 10% de production de nickel pour le mois de septembre. "En particulier sur la première semaine [de crise Covid], où on a eu un absentéisme un peu plus élevé que d'habitude. Ça a conduit à une perte de production d'environ 300 tonnes", cite Gaëtan Merceron, directeur de l'usine de Doniambo.

"La mise en place de tout ce qui est mesures de distanciation, gestes-barrières, tests et la mise à disposition des vaccinodromes sont autant de facteurs permettant aux employés d'être rassurés, et de revenir, ou de rester, sur leur lieu de travail", ajoute-t-il. Une problématique déjà évoquée par NC la 1ere sur le site SLN de Tiébaghi, article à lire ici :


Si la baisse de production n’est pas alarmante, les responsables restent vigilants. Ils peuvent compter sur les stocks tampon. A Doniambo, ils représentent 390 000 tonnes de minerai. 

Un reportage de Natacha Lassauce-Cognard et Cédric Michaut :

©nouvellecaledonie