Le nickel à la traîne : les Philippines cristallisent l'attention des investisseurs

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Du ferronickel destiné à l'acier inoxydable. ©Alain Jeannin

La sous-performance du nickel au LME fait suite aux informations selon lesquelles le gouvernement philippin est désormais autorisé à conclure des accords pour de nouveaux projets miniers. Le pays est déjà le premier exportateur mondial de minerai.

Des données économiques confortant les scénarios de reprises aux Etats-Unis comme en Chine et des taux en baisse: il n'en fallait pas plus vendredi pour voir la Bourse mondiale des métaux de Londres sortir un peu de sa déprime, survenue le 4 mars dernier. Le groupe Tsingshan avait alors annoncé qu'il allait produire des métaux à bas coût et en quantité suffisante, notamment du nickel de substitution pour les batteries.

Données réconfortantes

Fort de données économiques réconfortantes, le cuivre a enregistré son plus gros gain hebdomadaire des deux derniers mois, les achats chinois ont repris. Le nickel n'a pas pris le sillage du "roi des métaux", mais il a regagné un peu de terrain vendredi, car "l’économie mondiale enregistre un rebond sans précédent" soulignent des analystes, dont ceux de Marex Spectron.

Les mesures de relance et l'accélération des campagnes vaccinales dans le monde entier encouragent les investisseurs à orienter une part plus importante de leurs actifs vers les métaux industriels. Le nickel est celui de l’acier inoxydable et de certains types de batteries électriques.

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Minerai de fer brésilien dans un port en Chine ©AFP

La Chine bondit

La Chine a vu son produit intérieur brut (PIB) bondir de 18,3% sur un an au premier trimestre. Les prix du minerai de fer ont augmenté de près de 7 % cette semaine, dans un contexte de hausse des prix de l’acier inoxydable.

La demande mondiale d'acier devrait augmenter de 5,8% cette année à 1,874 milliard de tonnes alors que l'économie mondiale se remet de la crise des coronavirus, a déclaré jeudi l'Association mondiale de l'acier.

Pas le nickel

Cependant, les cours du nickel ont été à la peine. Cette sous-performance hebdomadaire s’explique par deux annonces qui ont contribué à calmer les craintes concernant l’offre mondiale.

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Mine de nickel du groupe chinois HMC à l'est de Mindanao aux Philippines ©Erwinn Mascarinas AFP

Philippines et Russie pèsent

Le Président philippin. Rodrigo Duterte a levé le moratoire de son pays sur les nouveaux projets et accords miniers du nickel. Il était en vigueur depuis 2012. L'ordonnance permet au gouvernement de Manille de conclure directement des accords pour le développement de nouveaux projets miniers. Il autorise également un examen des contrats et accords miniers existants pour d'éventuelles renégociations des termes. "Les Philippines sont le premier exportateur mondial de minerai" ont rappelé les participants à l’émission Débat à la Une, consacrée au nickel, diffusée le jeudi 15 avril sur Nouvelle-Calédonie 1 ère.

Enfin, l’offre russe de nickel va repartir. Le géant Nornickel (Norilsk) a déclaré que sa grande mine Oktyabrsky allait reprendre sa production plus tôt que prévue. Les opérations avaient été interrompues suite à de fortes inondations. La mine du grand nord fonctionne déjà à 60% de sa capacité et devrait être pleinement opérationnelle d'ici la fin avril. Le redémarrage de la mine jumelle de Taimyrsky reste prévu pour début juin.

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Industrie et mine en Russie, prés du petit village de "Nikel" à la frontière norvégienne. Le site produit du ferronickel, il doit fermer pour cause de pollution en 2021. ©Paval Lvov Sputnik-AFP

Suite à ces deux annonces, le prix du nickel a reculé. Il s'est échangé, jeudi, juste au-dessus de sa moyenne mobile de 200 jours à 15.982 dollars la tonne. Un léger mieux est intervenu vendredi, avec des données économiques favorables aux deux premières économies de la planète.

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Cours du nickel au LME de Londres le 16/04/2021 à 15:00 GMT. ©Célia Ledoux-France Télévisions