Des agriculteurs en grande difficulté après les fortes pluies

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Culture sous l'eau entre Moindou et Bourail.
Culture sous l'eau entre Moindou et Bourail. ©Facebook FNSEA-NC
Après trois jours marqués par les inondations, des agriculteurs tirent la sonnette d’alarme. A Bourail, La Foa, ou encore Boulouparis, les plantations pour certaines sur zones inondables sont sous les eaux. Pas ou peu de récolte, augmentation du prix des intrants, politiques publiques axées sur la sécheresse... les difficultés s'accumulent.

A 25 ans, et après seulement un an d’activité, Marc-David Ollivier, agriculteur, est sinistré. Sa plantation de 20 hectares de maïs, squash et pommes de terre à La Foa est sous les eaux. Il réalise une première année sans récolte, et donc sans chiffre d’affaires. Une perte qu'il estime à 25 millions de francs CFP.

"Aujourd’hui j’ai tout perdu", lance le jeune agriculteur. "J’avais déjà perdu il y a trois semaines avec les inondations du mois de juillet. Là, les terrains commençaient à être plus ou moins asséchés pour pouvoir replanter, pour sauver quelques cultures, mais on se retrouve avec de nouvelles inondations. On perd tout avec aucune possibilité de replanter. On est déjà trop loin dans la saison. Du temps que ça sèche, qu’on puisse retravailler les terres et replanter, on arrivera dans la période cyclonique. On est trop loin, l’année est perdue".

Marc-David Ollivier, agriculteur à la Foa

Inondations cultures
Exploitations sinistrées ©Facebook FNSEA-NC

Cultivés sur des terrains en zone inondables

Même chose pour Andrew Bone, du côté de Bourail. Ses 43 hectares de plantation sont inondés. C’est 100 % de pertes de sa récolte, qui devait débuter dans trois semaines. Et 17 millions d’emprunt réalisés cette année, à rembourser. Des légumes bien souvent cultivés, sur des terrains en zone inondable. "Ce sont des terres d’alluvions, c’est quand même les meilleures terres pour cultiver", détaille Andrew Bone.

"On peut effectivement planter ailleurs mais sur de la terre qui est moins bonne et automatiquement avec moins de rendement etc, et puis, il faut avoir l’accès à l’eau. On en a besoin pour irriguer nos cultures pendant la période de sécheresse allant de juillet à la fin de l’année, en temps normal. C'est pour ça que les parcelles doivent être à proximité de l’eau".

Recherches axées sur la sécheresse et emplois saisonniers

Autres problèmes évoqués par les professionnels avec ces pertes de récoltes : quid du devenir des emplois saisonniers ? Et comment axer les recherches pour aider le secteur concernant les intempéries ? Car pour l’heure, selon Andrew Bone, les recherches réalisées avec l'Adecal localement sont axées sur la sécheresse en raison de la météo plus sèche des années précédentes. Or, la tendance semble s’inverser.

Une nouvelle année noire pour les agriculteurs. Selon le Memento agricole, en 2021, la production de légumes commercialisés pour les cultures encadrées (squashs, pommes de terre et céréales) s’élevait à plus de 12 724 tonnes sur le Caillou. Soit 19,4 % de moins qu’en 2020.

Le reportage d'Alix Madec :

Agriculteurs pertes enrobe

Le reportage de Dave Waheo-Hnasson et Carawiane Carawiane :

©nouvellecaledonie