Cet investisseur australien qui a fait défaut pour la reprise de l’usine du Sud et de Goro Nickel

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LME
London Metal Exchange ©Alain Jeannin
Vale et New Century auraient dû annoncer mardi à Nouméa, le calendrier de rachat de l’usine du Sud. Mais tout a capoté durant le week-end avec le retrait, face aux risque, d'un fonds d'investissement australien. Il s'agit d'Orion Equities Limited.
Le groupe australien New Century Resources (NCR-NCZ) a décidé mardi 8 septembre de ne pas poursuivre les discussions en vue de l'achat de l'unité industrielle située dans le sud de l'archipel et adossée au grand gisement de Goro. Junior australienne, NCR avait pourtant l'appui d'un important consortium technique et financier pour produire un nickel-cobalt de qualité batterie électrique.
 

Les faits

Dans une interview accordée à l’AFP et à Nouvelle-Calédonie 1ère, le PDG de Vale-NC a déclaré qu’un fonds d’investissement avait fait défaut. À Nouméa, Antonin Beurrier, a indiqué que le tour de table financier n'avait pu être complété, "notamment après le retrait d'un fonds d'investissement qui devait apporter 75 millions de dollars". Ce renoncement de dernière minute a eu l'effet d'une douche froide pour celui qui est l'artisan du projet de reprise et de relance de l'usine du Sud.
 

IGO quitte le tour de table

Le départ d’un premier actionnaire et partenaire industriel australien dans le nickel, IGO, avait pourtant été le signe que quelque chose clochait. IGO ayant invoqué "un différend sur l’opportunité d’investir dans l'usine du Sud et Goro Nickel en Nouvelle-Calédonie". Les dirigeants de New Century Ressources avaient rapidement réagi et trouvé deux nouveaux investisseurs pour racheter, en parti, les 18 % d’actions cédées par IGO : l'industriel japonais Mitsubishi et la méga banque américaine JP Morgan. Hélas, un autre partenaire financier du projet allait, à son tour, faire défaut.
 

L'australien Orion s'en va par peur du risque

Outre-mer La 1ere a obtenu le nom du fonds d’investissement qui a finalement manqué, et au dernier moment, à New Century Ressources. Selon nos informations, il s’agit d’Orion Equities Limited, partenaire financier du consortium constitué autour de New Century Resources. C'est ce fonds australien qui devait apporter 75 millions d’euros dans la corbeille de marriage de l'usine du Sud avec New Century Resources. Sur son site internet, Orion Equities Limited résume sa philosophie, "l’investissement doit répondre à notre approche basée sur des objectifs, sans risque de pertes". Visiblement, l'usine du Sud a fini par ne plus répondre à ces critéres.

A Paris, Philippe Chalmin historien et économiste des matières premières a réagi : "Avec l’usine du Sud, la Nouvelle-Calédonie peut devenir un acteur majeur du nickel pour les batteries électriques, mais investir sur place, aujourd’hui, c’est compliqué et surtout risqué pour les investisseurs". Cette analyse avait déjà été faite, vendredi en Australie, par les dirigeants d’Orion Equities Limited. "Ils ont décidé, par crainte du risque, de quitter le projet", a confirmé à Nouméa, sous couvert d’anonymat, une source qui a participé à la négociation jusqu'à son échec.
 

Des options pour l'usine des batteries électriques

Tout n’est pas perdu pour l’usine du Sud. Un nouveau tour de table, avec un nouvel actionnaire potentiellement australien ou japonais, n’est pas exclu. La mobilisation de Vale-NC et de la Province Sud montrent que rien n’est joué. Le plan d'affaires de l'usine du Sud est en forte hausse, le cours du nickel touche les 15 000 dollars la tonne, et la demande pour du nickel-cobalt de qualité batterie électrique est forte. "Ce sont de vrais atouts, à condition de ne pas mettre de bâtons dans les roues de Vale-NC, il faut rassurer les investisseurs", a conclu Philippe Chalmin.

Cours du nickel au LME de Londres le 09/09/2020 à 17:40 GMT 14 925 dollars/tonne - 0,10 %
 
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