"Les mots ont un sens", invoque l’Eveil océanien, qui quitte le groupe porté par l’Union calédonienne au Congrès

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Milakulo Tukumuli, président de l'Eveil océanien, siège au Congrès de la Nouvelle-Calédonie.
Milakulo Tukumuli, président de l'Eveil océanien, siège au Congrès de la Nouvelle-Calédonie. ©NC la 1ère
Une semaine après les propos tenus par le président de l'Union calédonienne à son encontre, l'Eveil océanien annonce avoir demandé à quitter l'intergroupe que ses trois élus au Congrès formaient avec l'UC.

Il n’est vraiment pas passé inaperçu, le discours prononcé par le président de l’Union calédonienne en ouverture du congrès de Voh. L’Eveil océanien a notamment peu apprécié les propos qui lui étaient destinés. Rappelons la déclaration de Daniel Goa : "Quant à nos amis océaniens, qui semblent hésiter sur un positionnement politique ferme, je leur rappelle qu’aujourd’hui, ils sont assis avec nous dans la case et pas en dehors comme auparavant", a-t-il formulé.

"Leur place est avec nous, pas au-dessus de nous"

"Certes, ils nous amènent une majorité de circonstance dans les institutions, mais le peuple kanak continuera sa lutte avec ou sans eux. Il faut qu’ils comprennent que leur place est avec nous, pas au-dessus de nous", ajoutait le patron de l'UC, "il est temps qu’il y ait une réciprocité constante et stable."

Après ces paroles, le parti de Milakulo Tukumuli a eu l’occasion de faire part de sa colère, sa déception et son incompréhension. Mais dans un communiqué diffusé ce vendredi matin, il annonce aussi quitter le groupe qu’il composait au Congrès avec l’UC-FLNKS. 

Courrier daté du 4 avril

Comme affiché sur sa page Facebook, l'Eveil océanien a donc envoyé lundi au Congrès une demande pour retirer ses trois élus de l'inter-groupe, qui passera de seize à treize membres. Or, depuis la recomposition de l'hémicycle, en 2019, ses voix ont souvent été déterminantes pour faire basculer la majorité d'un côté ou de l'autre : le boulevard Vauban compte 25 loyalistes, 26 indépendantistes... et les trois conseillers EO (Veylma Falaeo, Maria-Isabella Saliga-Lutovika et Milakulo Tukumuli) qui se refusent à se revendiquer d'un camp ou l'autre.

Nous souhaitons vous informer de notre volonté, claire et non équivoque, de nous retirer dès aujourd'hui [du groupe UC-FLNKS et Nationalistes et l'Eveil océanien].

Courrier de l'EO à Roch Wamytan, président du Congrès

Le refus d'"être de nouveau instrumentalisés"

"Nous rappelons que l’Éveil océanien est la conséquence de la politique binaire de ces trente dernières années", explique le mouvement né en mars 2019. "Sa création visait comme objectifs de sortir, d’une part le pays du clivage entre le Oui et le Non, et d’autre part la communauté wallisienne et futunienne de l’instrumentalisation politique loyaliste. Nous n’aurions pas fait tout ce chemin, tous ces efforts et tous ces sacrifices pour être de nouveau instrumentalisés."

Nous sommes un mouvement libre et indépendant.

Communiqué de l'Eveil océanien, 8 avril

"Cette déclaration est un mystère"

Or, est-il écrit, Daniel Goa "s’est de nouveau fait remarquer en proférant des menaces envers la communauté wallisienne et futunienne ainsi que notre mouvement". Pour l’EO, "cette déclaration est un véritable mystère au regard du bouleversement de notre paysage politique avec les indépendantistes qui dirigent désormais le gouvernement, le Congrès et le Cese. Cela est d’autant plus incohérent car nous formons avec l’UC un inter-groupe depuis juillet 2020."

La "situation fragilise le chemin parcouru"

Toujours selon ce communiqué, "le président Goa fraîchement réélu n’est pas à son coup d’essai, il avait déjà annoncé une première fois en juillet 2021 notre retrait du groupe UC-FLNKS et Nationalistes, cette nouvelle attaque poursuit finalement le même objectif." Et de conclure : "Nous en prenons acte et nous regrettons que cette situation fragilise le chemin parcouru ensemble depuis 2019."

Le reportage de Bernard Lassauce, Nicolas Fasquel et Cédrick Wakahugème :

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