Main d'œuvre : que dit la législation locale sur les travailleurs étrangers ?

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Des travailleurs philippins employés à l'usine du Sud, à Goro, en Nouvelle-Calédonie, au début des années 2000.
Des travailleurs philippins employés à l'usine du Sud, à Goro, au début des années 2000. ©Archives / NC la 1ère
Existe-t-il des obligations, des interdictions et des dérogations sur les travailleurs étrangers en Nouvelle-Calédonie ? Alors que la direction de Prony Resources envisage de faire appel à 300 travailleurs indiens à l'usine du Sud, le recours à des travailleurs étrangers est fortement encadré.

Chinois, Thaïlandais et surtout Philippins, les usines calédoniennes sont friandes de main d’œuvre étrangère, principalement asiatique. Au plus fort de la construction du site de l’usine du Sud, Goro a ainsi compté jusqu’ à 2 500 Philippins. Ils étaient également environ 3 000 sur le chantier de l’usine du Nord en 2012 et 2013.

Le recrutement de travailleurs étrangers est très encadré, pour éviter toute concurrence avec le marché de l’emploi local. Selon la loi sur la prestation de service internationale, adoptée en 2002, les métallurgistes ne peuvent faire appel à des entreprises extérieures et à leurs salariés étrangers que dans les phases de construction ou d’extension des infrastructures.

Des autorisations de travail délivrées par le gouvernement

D'autre part, ces missions ne peuvent être que ponctuelles, lorsque les compétences n’ont pas été trouvées en Nouvelle-Calédonie. Les entreprises étrangères doivent alors rémunérer leurs salariés au tarif calédonien.

Enfin, comme pour toutes les autorisations de travail accordées à des étrangers, c’est le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie lui-même qui décide de les accorder ou non, en réunion de collégialité.

Des blocages en 2006

Le service de l’emploi est de son côté chargé de vérifier qu’aucun Calédonien n’est en mesure d’occuper le poste concerné. Cette batterie de garde-fous n’empêche pas les frictions. En 2006, le syndicat CSTNC de Sylvain Néa avait bloqué le pays, pendant plusieurs semaines.

Il demandait alors le départ des Philippins, accusés d’occuper des postes sans qualification, sur le chantier de Goro.

Retrouvez, ci-dessous, le reportage de Charlotte Mannevy :

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