Manus: les migrants se révoltent

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Faysal Ishak Ahmed
Faysal Ishak Ahmed avait quitté le Soudan en 2013, laissant ses parents et son frère, pour tenter de rejoindre l'Australie par bateau. Enfermé depuis au centre de Manus, en Papouasie Nouvelle-Guinée, il y avait obtenu son statut de réfugié. ©ABC
Samedi soir, des migrants se sont révoltés au centre de rétention de Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée pour protester contre la mort d'un jeune réfugié.
Samedi soir, des migrants ont pris le contrôle de 2 des 4 camps qui forment le centre de rétention de Manus, jetant dehors les gardiens et tous les autres employés. Ils protestaient ainsi contre la mort d'un jeune réfugié soudanais samedi. Les migrants accusent les autorités australiennes de négligence. 
 
Faysal Ishak Ahmed, âgé de 27 ans, a succombé à une chute suivie d'une attaque d'origine encore non déterminée. Il a été évacué vers Brisbane le lendemain, vendredi. Mais c'était trop tard. Il y est décédé samedi.  
 
À Manus, les amis de Faysal Ishak Ahmed ne décolèrent pas. D'après eux, le jeune homme était malade depuis des mois, il se plaignait de migraines récurrentes et de douleurs au coeur. Mais l'infirmière du centre estimait qu'il faisait du cinéma.
 
En décembre, une soixantaine de migrants avaient signé une lettre collective à l'entreprise qui assure les soins médicaux au sein des centres de rétention australiens, IHMS, pour lui demander de mieux soigner Faysal Ishak Ahmed. 
 
"Nous avons plusieurs documents qui montrent que Faysal était malade depuis plus de 6 mois. Il s'est plaint de douleurs plusieurs fois auprès du centre médical, mais ils se fichaient de ses problèmes", a affirmé Behrouz Boochani sur ABC. Ce journaliste iranien est détenu à Manus depuis plus de 3 ans. Il a obtenu son statut de réfugié en bonne et due forme. 
 
Finalement, les gardiens ont repris le contrôle des camps Oscar et Delta samedi soir, 2h après la révolte non violente des réfugiés. Selon le ministère australien de l'immigration, ils auraient fait quelques dégâts mineurs dans une cantine du centre de rétention. Et il n'y a pas de blessés. 
 
Mais les migrants n'ont pas reçu de réponse à leur question: la mort de Faysal Ishak Ahmed aurait-elle pu être évitée? A-t-il été victime de négligence médicale?
 
Le ministère australien de l'immigration s'est borné à indiquer que le coroner du Queensland allait enquêter sur les circonstances de la mort du réfugié soudanais. 
 
Mais les migrants et leurs défenseurs ne comptent pas en rester là. Ils exigent l'ouverture d'une commission royale d'enquête sur la prise en charge médicale des migrants dans les centres de rétention. 
 
Car Faysal Ishak Ahmed n'est pas le premier jeune migrant qui soit décédé à Manus et à Nauru. Hamid Kehazai, un Iranien de 24 ans, est mort des suites d'une infection à la jambe qui s'est transformée en septicémie, en 2014. Le coroner avait estimé dans son rapport que le centre médical de Manus était insuffisant, l'équipement ne marchait pas et les recommandations des médecins avaient été ignorées par l'administration.  
 
Un autre migrant, Rakib Khan, a succombé à une défaillance cardiaque en mai dernier à Nauru, alors qu'il attendait d'être évacué vers l'hôpital de Brisbane. 
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