Neuf choses à savoir sur les bacheliers calédoniens qui font des études

éducation
UNC université de la Nouvelle-Calédonie Nouville
Le campus de Nouville, université de la Nouvelle-Calédonie ©NC la 1ère
Sur une décennie, le nombre d’étudiants calédoniens a progressé fortement, et ce n'est pas un effet démographique. En 2020, plus de sept mille bacheliers de Nouvelle-Calédonie effectuaient des études dans l’enseignement supérieure. Leur nombre a augmenté de 70 % depuis 2011, met en exergue l’Institut de la statistique et des études économiques.

Combien de bacheliers calédoniens s'inscrivent chaque année pour faire des études ? Comment ce chiffre a-t-il évolué en dix ans ? Quels sont les cursus de ces étudiants ? Combien d'entre eux obtiennent un diplôme dans l’enseignement supérieur ? L’Institut de la statistique et des études économiques a publié une étude approfondie sur le sujet. NC la 1ère en a retiré neuf données, et pour en avoir davantage, lisez en entier le document :

 

1La définition

En 2020, l’enseignement supérieur français formait presque 2,9 millions d'étudiants. Dont 7 100 avaient obtenu leur bac sur le Caillou. Ce sont ces bacheliers de l’académie de Nouvelle-Calédonie que l'Isee qualifie d'étudiants calédoniens, dans l'étude qui leur est consacrée et qui a été diffusée ce vendredi 2 septembre.

2Un nombre en hausse de 6 % par an

De 2011 à 2020, le nombre de ces étudiants calédoniens a augmenté de 6,1 % par an. "Cette hausse, analyse l'institut, trouve son origine dans le développement de la scolarisation plus que dans l’évolution du nombre des 18 à 27 ans (classe d’âge de 80 % des étudiants) : hausse du niveau d’étude,
développement des structures d’enseignement et des logements étudiants, attrait des études supérieures, mesures destinées à faciliter la poursuite d’études hors territoire (bourses, passeport mobilité, départs groupés et aide de la maison de la Nouvelle-Calédonie, etc.)."

Pour comparaison, au niveau national, l’effectif de l’ensemble des étudiants dans l’enseignement supérieur a augmenté de 2,1 % par an entre 2010-2011 et 2020-2021.

3Six sur dix en Calédonie

En 2020, 63 % des étudiants calédoniens poursuivaient ces études ici (contre 58 % neuf ans plus tôt). Et ces 4 510 étudiants se répartissaient ainsi :

  • 2 450 à l'UNC, dont 120 en Institut universitaire de technologie (IUT) et 110 à l’École supérieure du professorat et de l’éducation (ESPE) ; 
  • 1 880 dans les classes supérieures des lycées (1 540 en STS et 340 en prépa) ;
  • et 180 en formations diverses, à l’École de gestion et du commerce ou au lycée Dick-Ukeiwë à Dumbéa.

4Une préférence pour la région parisienne et les villes universitaires du Sud

En parallèle, toujours en 2020, 2 820 étudiants calédoniens poursuivaient leurs études dans l’enseignement supérieur français hors Calédonie. Et dans l'Hexagone, on les trouvait inscrits surtout dans les grandes villes universitaires de la région parisienne ou du Sud de la France. 

  • En tête, les académies de Paris, Créteil ou Versailles (590). 
  • Puis celles de Bordeaux et Toulouse (300). La première se distingue par une forte proportion en écoles de commerce et management. La seconde, par des profils ingénieurs, avec l'École nationale de l’aviation civile, l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse, l’École nationale d’ingénieurs de Tarbes ou l’Institut supérieur de l’aéronautique et de l’espace.
  • L'académie de Montpellier (270).
  • L'académie de Lyon (170).
  • Les académies de Lille et Rennes (150).
  • L'académie de Nantes (120).
  • L'académie d'Aix-Marseille (110).
  • Les académies de Nice et Grenoble (100).
  • L'académie de Poitiers (90).
  • L'académie de Nancy (60).
  • L'académie de Strasbourg (50).
  • Ailleurs en Métropole (330).
  • Dans un DOM ou à Tahiti (30).

Attention, il y a dans ces données une petite centaine d'inscriptions multiples.

5La fac d'abord

Concernant le type d'études, que ce soit ici ou ailleurs, ce sont d'abord les universités qui attirent, à 59 %. Suivent, à 29 %, les formations dispensées en lycée, pour 29 % (brevet en section de techniciens supérieurs et concours en trépas des grandes écoles). Enfin, 12 % choisissent une école d'ingénieurs, une école de commerce et de management, une école d'art, etc.

Si on s'arrête sur les étudiants hors territoire, c'est la fac à 70 %.

6Un quart d'étudiants de l'UNC venus d'ailleurs

Selon cette étude, 83 % des étudiants inscrits en formation post-bac sur le territoire en 2020 étaient des bacheliers calédoniens. Si l'on zoome sur l'université, un quart des inscrits à l'UNC en 2020 n'étaient pas des bacheliers de notre académie. Soit 810 sur un ensemble de 3 260. 

  • 270 étaient des étudiants ni-vanuatu
  • 150 étaient des bacheliers de l'Hexagone ou d'un département d'Outre-mer.
  • 140 étaient des ni-vanuatais préparant le DAEU, le diplôme d'accès aux études universitaires.
  • 80 étaient des bacheliers polynésiens, wallisiens ou futuniens.

7De moins en moins de départs pour les études

Les "néo-bacheliers", c'est-à-dire celles et ceux qui entament des études tout de suite après avoir eu le bac, sont de plus en plus nombreux à commencer ces études en Calédonie. Et pas seulement à cause de la crise Covid, même si elle a accentué la baisse globale des départs au profit des inscriptions à l'UNC. 
Même avant, l'Isee relève qu'en 2020, les filières post-bac accueillaient 650 étudiants de plus qu'en 2011, ça représente un bond de 75 %. Notamment parce que les lycées offrent plus de places pour viser un BTS (de quarante à 70 classes, soit de 820 à 1700 inscrits).

"D’autre part, développe l'étude, l’UNC a renforcé son attractivité avec entre autres, l’ouverture de son IUT en 2015, d’un cycle universitaire préparatoire aux grandes écoles en 2017 et d’une antenne en province Nord à Koné en 2018. Par ailleurs, la mise en place en 2019 du dispositif de Trajectoires de réussite pour les étudiants calédoniens permet aux étudiants de préparer la licence en cinq ou sept semestres et vise à délivrer le diplôme de la licence en juin, afin de faciliter la poursuite des études en Métropole." 

8Des études qui se démocratisent

L'analyse de l'Isee décortique l'origine sociale des étudiants. Verdict : une évolution marquée en dix ans. "Les enfants de 'cadres et professions intellectuelles supérieures' sont toujours les plus nombreux parmi les nouveaux entrants [c'est l'expression pour celles et ceux qui débutent leur cursus dans l'enseignement supérieur], mais dans une proportion moindre (24 %, contre 32 % dix ans plus tôt). Les étudiants dont les parents sont 'employés' les talonnent (23 %). Au contraire, la proportion d’enfants d’'ouvriers' passe de 12 % en 2011 à 18 % en 2020, principalement en raison des effectifs en STS qui ont triplé sur la période."

Plus largement, estime l'Institut de la statistique, "les possibilités renforcées de suivre des études supérieures en Nouvelle-Calédonie ont probablement permis aussi à des jeunes de ménages plus modestes d’envisager des études supérieures quand un départ en Métropole aurait pu être rédhibitoire (places en formation, logement étudiant…)."
Malgré tout, une inégalité persiste dans l'accès aux études supérieures.

Un coup d'œil en particulier sur l'accès aux classes prépa. Lui aussi se démocratise : "en 2011, 76 % des étudiants avaient des parents 'cadres et professions intellectuelles supérieures ', ou 'artisans, commerçants, chefs d’entreprise'. Ceux-là ne sont plus que 57 % en 2020, et les effectifs issus de toutes les autres catégories socio-professionnelles progressent."

9Les étudiantes de plus en plus nombreuses

Les hommes sont légèrement plus nombreux que les femmes, à la fois dans l’ensemble de la population, et dans la tranche d’âge des lycéens en terminale, ou celle des étudiants de 18 à 27 ans. Pourtant, "il y a chaque année moins de garçons (42 %) que de filles parmi les néo-bacheliers". Et chez les nouveaux étudiants, ils étaient 38 % en 2020. Cette année-là, les deux-tiers des inscrits à l'université étaient des inscrites (66 %). On notera que dans les classes prépa, les garçons sont désormais moins nombreux (45 % en 2020) alors que c'était l'inverse en 2011. Mais ce constat : si les femmes sont plus nombreuses que les hommes à s'inscrire dans le supérieur, elles vont moins souvent qu’eux jusqu’au bac +5.